Dans la nuit du 24 au 25 septembre 2022, un cambriolage avait tourné à la tentative d’assassinat à Lannion. Depuis hier 27 mai, l’auteur présumé des faits, un jeune homme de 25 ans, comparaît devant la cour d’assises des Côtes-d’Armor pour avoir poignardé un père de famille. Il risque la réclusion criminelle à perpétuité.
Un coup de couteau au cou, 21 jours de coma
Le drame survient rue Georges-Pompidou. L’accusé, attiré par une moto cross repérée sur les réseaux sociaux, s’introduit de nuit dans une propriété pavillonnaire. Il est surpris par les propriétaires. En sortant pour faire face au cambrioleur, le père de famille, âgé de 41 ans, est violemment poignardé au cou devant son fils de 15 ans. Il s’effondre, grièvement blessé, tandis que l’agresseur prend la fuite. Interpellé ivre dans la nuit, le suspect reconnaît rapidement les faits en garde à vue. « Je ne voulais pas le tuer », répète-t-il à l’audience, évoquant un geste de panique. Hospitalisé dans un état critique, la victime reste 21 jours dans le coma. Un accident vasculaire cérébral, survenu peu après, aggrave encore son état. Selon la médecin légiste, ce dernier serait directement lié au « stress aigu et brutal » subi pendant l’agression. Les séquelles sont lourdes : troubles cognitifs, atteintes motrices, troubles du langage, impossibilité de témoigner. Son absence au procès, justifiée par son état de santé, en est la preuve.
Un parcours marqué par la violence et les addictions
Le casier judiciaire du prévenu est déjà chargé. Violence, addictions, détentions agitées : les treize sanctions disciplinaires enregistrées en prison – dont la moitié pour des actes violents – brossent le portrait d’un homme au parcours chaotique. Face à la cour, il reconnaît sa dépendance : une bouteille d’alcool fort par jour, du crack, de la cocaïne, du cannabis… Des vols pour financer ses consommations. Depuis fin 2024, pourtant, un changement semble s’être opéré. Plus aucun incident signalé depuis son dernier placement au mitard, une participation volontaire à des groupes de parole… Le président de la cour s’interroge sur une possible inflexion. Le procès, qui se poursuit ce mercredi 28 mai, devra trancher entre la rédemption apparente et la gravité des faits.








