L’incendie qui a balayé les hauteurs de l’Estaque et ravagé les Pennes-Mirabeau n’a rien d’un acte criminel. La catastrophe, qui a détruit plus de 70 habitations et mobilisé d’importants moyens de secours, a été déclenchée par un banal incident mécanique. Un véhicule en circulation a pris feu sur l’A55, provoquant un embrasement immédiat de la végétation alentour, attisé par un mistral violent. L’origine du sinistre a été confirmée hier mercredi par le procureur de la République d’Aix-en-Provence. Le conducteur, circulant sur la bretelle en direction de l’A7, aurait vu de la fumée s’échapper du capot avant de constater l’apparition de flammes. Il aurait immédiatement stoppé son véhicule sur la bande d’arrêt d’urgence, alerté les secours et attendu à distance. En quelques minutes, le feu s’est propagé à une vitesse fulgurante, franchissant les espaces boisés pour atteindre Marseille, où le 16e arrondissement a été lourdement touché.
Un désastre attisé par le vent et la sécheresse
Les images tournées sur place et l’exploitation des dispositifs de vidéosurveillance ont permis de lever les doutes : aucune origine criminelle n’est en cause. L’accident, bien qu’isolé, a suffi à déclencher l’un des incendies les plus violents que la région ait connu ces dernières années. Au total, 750 hectares sont partis en fumée, selon un bilan provisoire établi par la préfecture. Parmi les dégâts, dix maisons ont été totalement détruites, tandis qu’une soixantaine d’autres ont subi des dommages importants. Quarante personnes ont été prises en charge pour des troubles respiratoires, dont plusieurs membres des forces de l’ordre et des pompiers engagés dans l’intervention. Le sinistre a également provoqué des perturbations majeures dans les transports et nécessité des évacuations d’urgence. Déclaré « fixé » mercredi à 16 heures, l’incendie reste sous surveillance. Cet épisode rappelle cruellement la vulnérabilité des zones périurbaines face aux départs de feu, même involontaires. En quelques instants, une simple panne peut tourner à la catastrophe.