Hier, peu avant 10 heures, un accident rare et spectaculaire et s’est produit en plein cœur d’Aurillac, dans le Cantal. Un essaim d’abeilles, logé sur le toit du Grand Hôtel de Bordeaux, avenue de la République, est soudainement devenu agressif, piquant plusieurs passants. En moins de vingt minutes, 24 personnes ont été blessées, dont trois gravement, nécessitant une prise en charge en urgence absolue.
Un bilan humain lourd
Parmi les blessés figure un homme de 78 ans, piqué à 25 reprises. D’autres victimes, notamment âgées, ont été prises de malaise ou ont présenté des réactions allergiques sévères. Une octogénaire a été victime d’un arrêt cardio-respiratoire, nécessitant une intervention immédiate des secours. Toutes les victimes ont été évacuées vers le centre hospitalier Henri Mondor d’Aurillac. Le périmètre autour de l’hôtel a été bouclé pendant plusieurs heures, le temps de sécuriser la zone.
Des abeilles d’ordinaire paisibles
Les abeilles responsables de l’attaque faisaient partie d’un rucher urbain installé sur le toit-terrasse de l’hôtel, entretenu depuis plus d’une décennie sans incident. Les autorités municipales ont rapidement écarté l’hypothèse d’une négligence dans l’entretien du site. Ces colonies étaient jusque-là considérées comme non agressives. Les spécialistes estiment que les abeilles auraient été perturbées par un élément extérieur inhabituel.
La piste du frelon asiatique
Selon les premières analyses, l’hypothèse la plus plausible serait l’attaque de la ruche par un ou plusieurs frelons asiatiques, un prédateur redouté des abeilles. Ce type d’agression peut provoquer une réaction défensive collective violente, poussant l’essaim à quitter la ruche pour défendre le territoire. Ce comportement inhabituel expliquerait l’agressivité soudaine et incontrôlée des insectes.
Face à la gravité de l’événement, la mairie d’Aurillac a immédiatement annoncé qu’elle ferait retirer ou déplacer la ruche dès que les conditions le permettraient. Le maire, Pierre Mathonier, a souligné qu’il n’avait jamais été confronté à une telle situation auparavant, malgré la longue présence du rucher en milieu urbain. Il a également évoqué la nécessité de renforcer la surveillance des ruches en ville, notamment en période estivale, quand la présence de frelons est plus fréquente.
De leur côté, les apiculteurs locaux appellent désormais à mieux encadrer l’installation de ruches en ville et à renforcer la lutte contre les frelons asiatiques, dont la prolifération menace non seulement les abeilles, mais désormais la sécurité publique.








