L’horreur s’est réveillée avant l’aube ce mardi 9 septembre. Plusieurs mosquées de Paris et de sa proche banlieue ont été la cible d’un acte aussi sordide qu’explicite : des têtes de cochon ont été retrouvées devant leurs portes, visiblement déposées dans la nuit. Un message de haine, adressé sans détour à la communauté musulmane.
À 5h30, dans le XXe arrondissement de Paris, les fidèles de la mosquée Anwar El-Madina ont été confrontés à une vision glaçante : une tête de cochon couverte d’encre bleue jonchait le sol devant l’entrée, rue Étienne Marey. Les images de vidéosurveillance ont permis d’identifier un suspect : un homme à la peau claire, habillé de noir, transportant un sac à dos et un grand sac blanc. Il est apparu sur les caméras vers 4h39, déposant le morceau de cadavre animal avant de repartir calmement.
Simultanément, un acte similaire s’est produit à Montreuil, devant la mosquée Islah. Ici aussi, une tête de porc a été retrouvée, mais cette fois avec un message gravé : le mot « Macron ». Un signe d’une provocation politique mêlée à une volonté claire de profanation religieuse.
Le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, a réagi sans détour sur les réseaux sociaux, qualifiant ces gestes « d’actes abjects » et assurant qu’une enquête a été immédiatement ouverte. Les investigations sont en cours pour identifier les auteurs, et les forces de l’ordre assurent mobiliser tous les moyens disponibles.
Cette nouvelle provocation intervient dans un climat tendu. En 2024, le Collectif contre l’Islamophobie en Europe a recensé plus de 1 000 actes antimusulmans, une augmentation de 25 % par rapport à l’année précédente. Le ministère de l’Intérieur, qui comptabilise officiellement 173 faits, admet lui-même que la réalité est probablement bien plus grave, nombre de victimes n’osant pas porter plainte.
Les précédents rappellent une escalade. À Saint-Omer en mars dernier, une tête de porc avait été déposée devant une mosquée turque à la veille du ramadan. En 2019, à Bergerac, c’est un chantier de mosquée qui avait été souillé de sang animal, avec là encore une tête de porc en guise de « message ».
Le ministre de l’Intérieur a lui aussi dénoncé ces attaques comme « inacceptables », et appelé à ce que les auteurs soient rapidement identifiés et poursuivis. La République ne peut tolérer que la liberté de culte soit ainsi piétinée par la haine et la lâcheté.








