Une baraque isolée, un cambriolage dégénéré, un corps découpé, cuisiné, dispersé : le procès du crime de Brasc s’ouvre ce lundi 19 mai devant la cour d’assises de l’Aveyron. En toile de fond, un scénario qui flirte avec l’insoutenable. Georges Meichler, 63 ans, surnommé « Diego », passionné de musique et de pétanque, a été retrouvé en morceaux dans des sacs-poubelle. L’alerte avait été donnée par sa fille début 2023, inquiète de ne plus avoir de nouvelles de lui – seuls quelques SMS maladroits et suspects avaient été envoyés depuis son téléphone. L’enquête ne tarde pas. Les gendarmes repèrent son utilitaire, une Citroën Jumpy, garé à Camarès, au pied d’une barre HLM. À bord : Philippe Schneider, 57 ans, restaurateur, et sa compagne Nathalie Caboubassy, 43 ans. À l’arrière du véhicule, des sacs contenant des restes humains. Ce que Schneider finit par admettre est glaçant : la victime aurait été ligotée, séquestrée, puis tuée, démembrée, cuisinée. Et ses restes dispersés dans les environs.
Un crime de proximité, une horreur méthodique
L’accusé principal est un homme déjà connu dans le coin. Ancien maraîcher, il s’était reconverti dans la restauration en ouvrant une pizzeria à Saint-Sernin-sur-Rance. Dans la presse locale, il se faisait appeler « Don Filippo » et vantait son passage chez de grands chefs. Il avait vécu à proximité de la maison isolée de la victime, en bord de route, dans les bois. À la barre, Schneider devrait évoquer une dérive sous alcool et drogue, une impulsion initiale : cambrioler un voisin qu’il connaissait. L’irruption vire au drame. Diego est ligoté, bâillonné, il meurt. Et ensuite, c’est l’engrenage : la dissimulation, le découpage du corps, des morceaux cuisinés dans des gamelles, d’autres brûlés, d’autres jetés. Sa compagne affirme n’avoir rien vu ni rien fait, mais elle est poursuivie pour complicité de séquestration suivie de mort, atteinte à l’intégrité d’un cadavre et recel. Un troisième accusé, ancien fossoyeur de 25 ans, est également poursuivi. Sept membres de la famille de la victime se sont constitués parties civiles. Le procès, présidé par le juge Charles Pinarel, doit durer quatre jours. Le verdict est attendu jeudi soir. Ce drame local, d’une cruauté rare, replonge l’Aveyron dans les pages sombres de son histoire judiciaire. Mais cette fois, l’horreur dépasse les frontières du département.