Neuf ans après avoir frôlé la mort sur son lieu de travail, Cédric D. se bat toujours pour obtenir justice. En septembre 2016, cet ancien agent de l’hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine) a été violemment agressé à coups de marteau par un collègue. Si l’auteur de l’attaque, Éric G., a été condamné à quinze ans de réclusion en 2018 pour tentative d’assassinat, la victime n’a jamais cessé de réclamer la reconnaissance d’une responsabilité plus large : celle de l’établissement hospitalier. Pour Cédric D., il ne s’agit pas simplement d’un drame isolé. Il dénonce un contexte toxique, connu de tous, dans lequel son agresseur semait depuis longtemps la peur parmi ses collègues. Affectés tous deux au service de stérilisation, ils évoluaient dans une atmosphère de tension constante. Éric G. entretenait des rapports agressifs avec l’équipe, jusqu’à faire craquer plusieurs membres du personnel. Une infirmière, terrifiée après une altercation verbale, aurait vomi de stress. Le malaise était palpable. Et documenté.
Un climat de terreur ignoré par la direction ?
Le 7 septembre 2016, quelques jours avant le passage à l’acte, une réunion de service avait été organisée pour tenter d’apaiser les tensions. Cédric D., désigné par ses collègues, avait alors pris la parole pour dénoncer les comportements d’Éric G. Mais l’alerte n’a manifestement pas suffi. Quelques jours plus tard, il était laissé pour mort, grièvement blessé, dans l’enceinte même de l’hôpital. Malgré la condamnation du principal responsable, Cédric D. estime que l’institution n’a pas pris ses responsabilités. Une première plainte déposée contre l’hôpital a été classée sans suite. Il revient aujourd’hui à la charge avec une plainte assortie d’une constitution de partie civile, dans l’espoir de forcer l’ouverture d’une instruction judiciaire. Son objectif : obtenir que la justice se penche sur les éventuelles défaillances de l’établissement, en matière de prévention des risques psychosociaux ou de protection des agents. Pour lui, le silence et l’inaction valent complicité. Il s’agit désormais de faire reconnaître qu’un drame annoncé aurait pu être évité. Et qu’au-delà de la violence d’un homme, c’est peut-être toute une chaîne de responsabilités qui doit être interrogée.