Un mois après la mise en examen de deux soignants de l’hôpital André-Grégoire à Montreuil, l’enquête a franchi une étape décisive. Le parquet de Bobigny a annoncé ce mercredi que deux nourrissons avaient été identifiés comme victimes certaines d’agressions sexuelles au sein du service de réanimation néonatale. Les parents concernés ont été invités par le juge d’instruction à se constituer partie civile. Derrière cette annonce, de nombreuses familles restent dans l’attente. Quinze d’entre elles, dont les enfants ont été pris en charge dans le service où exerçait l’infirmière Juliette S. entre fin 2024 et début 2025, avaient demandé à se constituer partie civile. Mais pour treize dossiers, le juge d’instruction a opposé une fin de non-recevoir. Le parquet rappelle que seules les victimes avérées peuvent obtenir ce statut, conformément au code de procédure pénale.
Familles écartées, justice verrouillée
Autrement dit, sans preuve directe d’agression, les parents ne peuvent pas accéder au dossier. Les avocats des familles concernées ont déjà annoncé leur intention de faire appel de cette ordonnance d’irrecevabilité, dénonçant un mur judiciaire qui les prive de réponses. La sûreté territoriale de Seine-Saint-Denis poursuit les investigations pour tenter d’établir si d’autres nourrissons ont pu être concernés. Le parquet indique que, si de nouveaux éléments venaient à confirmer l’existence d’autres victimes, les parents seraient informés et autorisés à se constituer partie civile. En attendant, seuls deux cas sont pour l’instant retenus dans une affaire qui a bouleversé les familles, ébranlé le personnel soignant et jeté une ombre durable sur l’établissement hospitalier.