Bruxelles a annoncé mercredi l’octroi à l’Espagne d’une aide d’urgence de 115 millions d’euros pour renforcer les frontières extérieures de l’Union et organiser le retour des migrants encore présents dans l’enclave de Ceuta.
La Commission européenne a validé ce financement après une demande formelle déposée par Madrid le 24 août. Les fonds serviront à financer des équipements de surveillance — caméras thermiques, systèmes de bouées flottantes, drones sous-marins — ainsi qu’à mettre en place des infrastructures d’enregistrement des migrants et à soutenir les procédures d’expulsion de ceux qui se trouvent illégalement sur le territoire.
La vice-présidente de la Commission, Henna Virkkunen, a justifié la décision en des termes sans ambiguïté : « La situation à Ceuta a mis nos frontières extérieures sous pression. Notre message reste clair : nous sommes déterminés à lutter contre la migration illégale et à assurer le retour rapide de ceux qui demeurent illégalement à Ceuta. »
La crise a éclaté les 30 et 31 juillet, lorsque plus de 72 000 personnes ont franchi en masse la frontière séparant le Maroc de l’enclave espagnole. Des dizaines de migrants ont péri durant la traversée, la plupart noyés. Si la grande majorité a depuis été reconduite au Maroc, des milliers restent sur place, dont un nombre important de mineurs non accompagnés vivant dans des conditions précaires.
L’événement a provoqué de vives tensions au sein de l’Union européenne, notamment entre le gouvernement de gauche de Pedro Sanchez et l’exécutif d’extrême droite de l’Italie. Le Premier ministre espagnol a affirmé qu’il n’existait « aucune preuve solide » d’une implication des autorités marocaines dans l’afflux. Pourtant, le principal tribunal pénal de Madrid a ouvert lundi une enquête pour déterminer si des autorités africaines avaient facilité ce passage massif et illégal.

Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.