L’Allemagne va moderniser en profondeur le port de Bremerhaven pour en faire une plateforme de déploiement militaire au service de l’OTAN, dans un contexte de réarmement accéléré de l’Europe face à la menace russe.
Le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius a signé mardi un protocole d’accord avec le maire de Brême, Andreas Bovenschulte, pour transformer le port de Bremerhaven en ce que Berlin appelle un « hub de déploiement ». L’enveloppe prévue s’élève à 1,5 milliard d’euros. Deuxième port de marchandises d’Allemagne après Hambourg, Bremerhaven est appelé à jouer un rôle central dans la logistique militaire de l’Alliance atlantique en cas d’attaque contre l’un de ses membres.
Le projet prévoit une modernisation complète des infrastructures terrestres reliant le port au reste du territoire : ponts, routes et voies ferrées devront être renforcés pour supporter le transit de matériels lourds. L’aéroport de Brême sera également agrandi afin d’accroître ses capacités logistiques. « Des dizaines de milliers de soldats auront besoin d’hébergement et de ravitaillement. Les équipements devront être entretenus et mis en œuvre dans les meilleures conditions », a déclaré Boris Pistorius pour justifier l’ampleur du chantier.
Cette décision s’inscrit dans la dynamique de réarmement engagée par les pays européens depuis l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022. Plusieurs États membres de l’OTAN ont depuis lors élaboré des plans de défense territoriale, anticipant un scénario d’attaque directe contre l’Alliance. L’Allemagne, longtemps critiquée pour la faiblesse de son effort de défense, multiplie les investissements dans ses capacités militaires et dans les infrastructures susceptibles d’accueillir des renforts alliés.
La transformation de Bremerhaven intervient au moment où Berlin dresse un bilan sombre de ses tentatives de dialogue avec Moscou. Le chancelier Friedrich Merz a estimé mardi que la rencontre entre le ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul et son homologue russe Sergueï Lavrov, première réunion bilatérale en personne depuis le début de la guerre, avait démontré que la Russie « n’est manifestement pas intéressée par des négociations sérieuses ». Lavrov avait déclaré devant l’Assemblée générale des Nations unies, peu après cette rencontre, que les « objectifs de l’opération militaire spéciale seront atteints ». Merz a réaffirmé que l’Allemagne était « prête à soutenir l’Ukraine sur le long terme » si Moscou refusait de s’asseoir à la table des négociations.

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