La crise des lycées s’est invitée en pleine discussion sur les violences sexistes et sexuelles à l’Assemblée nationale. Dans la nuit de lundi à mardi, la députée LFI Sarah Legrain a directement interpellé Laurent Nuñez sur plusieurs interventions policières visant des jeunes mobilisés. Le ministre de l’Intérieur lui a répondu en promettant de s’expliquer devant les parlementaires, avant de retourner frontalement l’accusation contre La France insoumise.
À la tribune, Sarah Legrain réclame d’abord des explications sur plusieurs affaires récentes. Elle évoque le lycéen blessé au visage à Saint-Ouen-l’Aumône, mais aussi le comportement d’un policier à Perpignan, accusé d’avoir tenu des propos racistes et sexistes face à une enseignante et une lycéenne. Elle cite enfin le cas de Metz, où un policier est accusé d’avoir touché la poitrine et les cheveux d’une jeune femme alors qu’elle était maintenue au sol. Une enquête de l’IGPN a été ouverte concernant cette dernière affaire.
« Je les rendrai, les comptes »
« Nous voulons aussi toujours que M. Nuñez nous rende des comptes sur les images terribles que nous voyons », lance Sarah Legrain. La députée replace son intervention dans le cadre du texte examiné et interpelle directement le ministre sur la formation des policiers et policières aux violences sexistes et sexuelles. Elle lui demande notamment ce qu’il pense des comportements dénoncés à Perpignan et Metz.
Laurent Nuñez accepte le principe de devoir s’expliquer. « Vous m’invitez à rendre des comptes. Je les rendrai, les comptes, sur la façon dont je maintiens l’ordre public dans ce pays », répond le ministre. Il assure être prêt à répondre aussi bien lors des Questions au gouvernement que devant la commission des lois. Cette dernière doit précisément l’auditionner mercredi sur la gestion de la mobilisation lycéenne.
Mais le ministre retourne immédiatement l’accusation contre les Insoumis. « Mais vous, quand allez-vous rendre des comptes sur le fait qu’avec les députés de La France insoumise, vous vous rendez sur les barrages lycéens pour les inciter à commettre des violences ? Quand allez-vous rendre des comptes ? », lance-t-il à Sarah Legrain. Cette mise en cause de LFI correspond à l’accusation politique portée par Laurent Nuñez et le gouvernement ; elle est contestée par les Insoumis et ne constitue pas l’établissement judiciaire d’une responsabilité du parti dans les violences.
Sur le cas de Perpignan, Laurent Nuñez confirme en revanche qu’une procédure disciplinaire a été engagée. « Elle ne m’a pas échappé », assure-t-il, avant d’appeler les députés LFI à arrêter de vivre dans des « fantasmes ».

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