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Israël : le Likoud crie à la fraude électorale, les autorités démentent

Israël : le Likoud crie à la fraude électorale, les autorités démentent
Israël : le Likoud crie à la fraude électorale, les autorités démentent

Au lendemain des élections législatives israéliennes, le parti du Premier ministre Benyamin Netanyahou accuse des acteurs étrangers d’avoir manipulé la participation dans les communautés arabes. Police, comité électoral et services de renseignement intérieur réfutent ces allégations.

Le Likoud n’a pas attendu la fin du dépouillement pour préparer le terrain. Selon des informations publiées par la chaîne israélienne N12, des responsables du parti discutaient dès le week-end précédant le scrutin de possibles recours liés à l’intégrité du vote, sans qu’aucune irrégularité n’ait encore été constatée. La journaliste Daphna Liel, qui a révélé l’information, a rapporté que ces responsables « se sont réunis pour trouver des idées créatives sur la manière de se plaindre de ce problème ».

Une fois les résultats connus, le parti du Premier ministre a franchi le pas. Dans un communiqué, le Likoud a affirmé que « les élections en Israël ont été volées par des partis arabes qui soutiennent le terrorisme et l’élimination de l’État juif », pointant notamment Ra’am et la Liste unifiée, qui ont réalisé des scores historiques grâce à une participation arabe sans précédent, passée d’environ 50 % en 2022 à quelque 80 % lors de ce scrutin. Le parti a évoqué des « infractions pénales graves », dont des actes de corruption, des menaces et des financements étrangers destinés à mobiliser les électeurs.

Le juge No’am Sohlberg, président du Comité central des élections et membre de la Cour suprême, a transmis ces allégations au Shin Bet, le service de sécurité intérieure, tout en précisant dans sa lettre qu’il était « dans l’impossibilité d’attester » de leur véracité. Le directeur du Shin Bet, David Zini, avait pourtant déclaré le jour même du vote que les élections étaient « sûres, saines et supervisées ».

La police israélienne a été catégorique : aucun élément, ni « d’enquête » ni « d’information », ne vient étayer les accusations du Likoud. « Le jour du scrutin s’est déroulé avec un nombre minoritaire d’incidents irréguliers en matière d’intégrité électorale, y compris comparé à d’autres élections », a-t-elle indiqué dans un communiqué. Dean Livne, directeur général par intérim du Comité central des élections, a confirmé cette position sur la chaîne publique Kan 11 : « Nous n’avons aucune base pour parler d’élections volées. » Il a précisé que le comité avait reçu « des allégations, pas des preuves ».

Le Qatar, cité parmi les acteurs étrangers supposément impliqués, a catégoriquement nié toute ingérence, qualifiant ces accusations de « fausse propagande visant à entraîner le nom du Qatar dans les conflits politiques israéliens ». Ra’am a également démenti toute irrégularité et s’est dit prêt à coopérer avec toute enquête.

Du côté de l’opposition, Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar et principal rival de Netanyahou, a dénoncé ce qu’il a qualifié d’« opération d’influence inappropriée » orchestrée par le Premier ministre pour jeter le doute sur la légitimité du scrutin et créer, selon ses termes, « une délégitimation fictive » du prochain parlement. Tout en portant ce jugement sévère, Eisenkot a néanmoins appelé à ce que les allégations du Likoud fassent l’objet d’une investigation formelle.

Pour Amira Halperin, chercheuse au Palm Beach Center for Democracy and Policy Research, la démarche du Likoud vise avant tout à réduire l’influence politique des partis arabes. « Les votes arabes ont été très, très importants lors de cette élection », a-t-elle souligné, mettant en garde contre les effets de telles accusations sur la confiance des citoyens dans les institutions démocratiques : « Nous devons être prudents avant de prédire un échec du système démocratique. »

La situation arithmétique du Parlement éclaire en partie la virulence de ces accusations. Ni Netanyahou ni ses adversaires ne disposent d’une majorité suffisante pour former un gouvernement sans s’appuyer sur l’un ou les deux partis arabes, qui ont remporté respectivement onze sièges pour la Liste unifiée et huit pour Ra’am, contre six et quatre lors des élections de 2022. Ces deux formations ont déjà signalé leur disponibilité à soutenir une coalition d’opposition visant à remplacer le Premier ministre sortant.

Des allégations inverses ont par ailleurs été formulées le jour du vote : l’ONG israélo-palestinienne Adalah a dénoncé des « retards systématiques » dans l’ouverture de bureaux de vote dans les communautés arabes et palestiniennes, une accusation qui n’a pas reçu la même attention médiatique que celle du Likoud.

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