Les 21 pays de la zone euro ont jusqu’au vendredi 6 novembre pour présenter leurs candidats à la présidence de la Banque centrale européenne. Christine Lagarde quittera ses fonctions le 7 février 2027, près de neuf mois avant la fin de son mandat. Plusieurs personnalités européennes sont déjà évoquées pour lui succéder, tandis que les négociations s’annoncent déterminantes pour l’équilibre des pouvoirs au sein de l’institution.
La bataille pour prendre la tête de la Banque centrale européenne (BCE) est désormais ouverte. Selon les informations communiquées ce mardi 3 novembre par un porte-parole de l’Eurogroupe, les gouvernements des 21 pays utilisant l’euro disposent de quelques jours pour proposer leurs candidats à la succession de Christine Lagarde. La date limite a été fixée au vendredi 6 novembre, avant un premier examen des candidatures lors de la réunion des ministres des Finances prévue le 9 novembre. Cette accélération du calendrier fait suite à l’annonce du départ anticipé de la présidente française, officialisée le 29 octobre. Arrivée à la tête de l’institution en novembre 2019, Christine Lagarde quittera ses fonctions le 7 février 2027, alors que son mandat devait normalement s’achever en octobre de la même année. Elle a expliqué vouloir retrouver une plus grande liberté de parole sur les questions politiques et économiques dépassant le cadre strict de la politique monétaire.
Plusieurs noms circulent déjà parmi les responsables européens. L’Espagnol Pablo Hernández de Cos, ancien gouverneur de la Banque d’Espagne et actuel directeur général de la Banque des règlements internationaux, bénéficie du soutien affiché du gouvernement de Pedro Sánchez. Son expérience des institutions monétaires et sa connaissance des mécanismes de régulation bancaire constituent des éléments importants de sa candidature. Face à lui, le Néerlandais Klaas Knot, qui a dirigé la banque centrale des Pays-Bas entre 2011 et 2025, dispose également de soutiens politiques. Longtemps considéré comme partisan d’une politique monétaire rigoureuse, il a progressivement adopté une approche plus pragmatique au sein du conseil des gouverneurs de la BCE. Le nom de Joachim Nagel, président de la Bundesbank allemande, a également été évoqué, tout comme celui de l’ancien gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau. À ce stade, aucune candidature n’a encore été officiellement retenue.
Une nomination stratégique pour l’avenir de la zone euro
Le choix du prochain président de la BCE dépasse largement les considérations personnelles. L’institution, installée à Francfort, détermine la politique monétaire des pays de la zone euro et joue un rôle central dans la maîtrise de l’inflation, les conditions de financement des entreprises et le coût du crédit pour les ménages. Le futur dirigeant devra notamment arbitrer entre le maintien de la stabilité des prix et le soutien à une économie européenne confrontée à des tensions commerciales, à des besoins d’investissement considérables et à des niveaux d’endettement élevés dans plusieurs États membres. La procédure de nomination repose sur un équilibre institutionnel précis : le candidat doit recueillir le soutien d’au moins 16 des 21 pays de la zone euro, représentant au minimum 65 % de leur population. Le Conseil européen prendra ensuite la décision définitive, après consultation du Parlement européen et du conseil des gouverneurs de la BCE.
Les négociations pourraient également porter sur plusieurs autres postes importants de l’institution. Le mandat de l’économiste en chef Philip Lane arrivera à échéance en mai 2027, tandis que l’Allemande Isabel Schnabel doit quitter le directoire pour rejoindre le Fonds monétaire international en janvier. Cette recomposition ouvre la voie à des accords entre capitales européennes afin de répartir les responsabilités. Selon des informations de Reuters, la France pourrait notamment soutenir Klaas Knot en échange de l’attribution du poste d’économiste en chef à une personnalité française. Les noms d’Agnès Bénassy-Quéré et de Laurence Boone ont été évoqués dans cette perspective. Rien n’est toutefois arrêté, et les discussions devront tenir compte des équilibres géographiques et des différentes sensibilités économiques. Pour les dirigeants européens, l’objectif est de parvenir rapidement à un accord afin d’assurer la continuité de la politique monétaire. Le départ anticipé de Christine Lagarde pourrait ainsi entraîner une réorganisation profonde de la direction de la BCE dès les premiers mois de 2027.









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