ÉCONOMIE

Accord historique pour enfouir du CO₂ en mer d’Irlande 

Accord historique pour enfouir du CO₂ en mer d’Irlande 
Accord historique pour enfouir du CO₂ en mer d’Irlande 

Le gouvernement britannique et le groupe italien Eni ont officialisé, jeudi 24 avril, un accord pour lancer l’un des plus vastes projets européens de captage et de stockage de carbone. Objectif : enfouir chaque année jusqu’à 10 millions de tonnes de CO₂ sous la mer d’Irlande à l’horizon 2030.

Une reconversion industrielle ambitieuse

L’opération, centrée dans le nord-ouest de l’Angleterre et le nord du pays de Galles, consistera à capter le dioxyde de carbone rejeté par les usines de la région, puis à l’acheminer jusqu’à d’anciens réservoirs gaziers situés dans la baie de Liverpool. Eni précise qu’un premier palier de stockage atteindra 4,5 millions de tonnes par an, avant d’être doublé. Pour y parvenir, l’entreprise prévoit d’exploiter certaines infrastructures existantes en mer, complétées par 35 kilomètres de conduites neuves. Le gouvernement britannique salue une « étape clé » vers une économie à faible émission, parlant d’une « nouvelle industrie d’énergie propre » capable de créer « des milliers d’emplois » tout en revitalisant les anciens bastions industriels. Ce projet s’inscrit dans une stratégie nationale dévoilée en octobre 2024, avec un investissement public de 22 milliards de livres (près de 26 milliards d’euros) sur 25 ans pour développer plusieurs pôles de captage de CO₂, dans les zones les plus carbonées du pays.

Une technologie controversée

Le captage et stockage du carbone (CSC) reste une solution technologiquement complexe, et très coûteuse. Elle est pourtant soutenue par le GIEC, notamment pour des secteurs très émetteurs comme le ciment ou l’acier, difficiles à verdir rapidement. En ce sens, le projet britannique pourrait constituer un test grandeur nature à l’échelle européenne. Mais ce choix ne fait pas l’unanimité. Des ONG environnementales dénoncent l’orientation prise par Londres, jugée trop centrée sur la « réparation » des pollutions industrielles plutôt que sur leur prévention. L’Agence internationale de l’énergie elle-même appelle à la prudence : selon elle, ces technologies restent insuffisamment éprouvées à grande échelle et pourraient détourner des fonds publics des investissements dans les énergies renouvelables. Malgré les critiques, le Royaume-Uni entend avancer vite : la construction est désormais lancée. L’enjeu est de taille, tant sur le plan industriel que climatique.

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