CULTURE

Un bronze méconnu de Camille Claudel réapparaît et s’envole aux enchères

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Le hasard réserve parfois des trésors insoupçonnés. C’est dans un appartement parisien inhabité depuis plus de quinze ans, au pied de la tour Eiffel, qu’une version de L’Âge mûr, l’une des sculptures les plus emblématiques de Camille Claudel, a refait surface. Cachée sous un simple drap, elle a été redécouverte lors d’un inventaire en septembre dernier avant d’être mise aux enchères ce dimanche à Orléans. Estimée entre 1,5 et 2 millions d’euros, l’œuvre a finalement été adjugée pour 3,1 millions d’euros, un montant qui témoigne de l’aura intacte de la sculptrice.

Matthieu Semont, le commissaire-priseur à l’origine de la découverte, se souvient du moment avec émotion. Plongé dans l’obscurité d’un appartement figé dans le temps, il a soulevé le linge recouvrant la sculpture et a immédiatement reconnu L’Implorante, cette figure agenouillée qui incarne la douleur et la supplication. « Ce bronze, dont la trace avait été perdue depuis plus d’un siècle, est d’une qualité stupéfiante », a-t-il confié à l’AFP.

L’Âge mûr est une œuvre particulièrement symbolique dans la carrière de Camille Claudel. Représentant trois personnages, elle illustre le déchirement passionnel entre la sculptrice et Auguste Rodin. Commandée à l’origine par l’État avant d’être abandonnée, la sculpture évoque également la descente aux enfers de l’artiste après sa rupture avec son mentor. Rodin lui-même aurait été bouleversé en découvrant L’Implorante chez le fondeur Eugène Blot, l’ami fidèle de Claudel.

D’une rareté exceptionnelle, ce bronze fait partie d’un ensemble limité à quelques exemplaires seulement. Certains sont exposés dans des institutions prestigieuses comme le musée d’Orsay, le musée Rodin ou encore le musée Camille Claudel de Nogent-sur-Seine. L’exemplaire mis en vente à Orléans, signé « C. Claudel » et estampillé par le fondeur « Eugène Blot Paris », porte le numéro 1 aux pieds de la jeune femme agenouillée. Cette vente rappelle l’engouement croissant pour l’œuvre de Camille Claudel, longtemps restée dans l’ombre. Déjà en 2017, une vente orchestrée par ses héritiers avait largement dépassé les attentes, avec notamment L’Abandon (1886) qui avait atteint 1,187 million d’euros, soit plus du double de son estimation initiale. Preuve que le génie de Claudel, autrefois méconnu, s’impose désormais parmi les figures incontournables de la sculpture.

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