À 28 ans, Valerio Tuveri s’est donné pour mission de débarrasser Rome de ses innombrables graffitis. Connu sur Instagram et TikTok sous le pseudonyme « Mr Tuvs », ce professionnel du nettoyage consacre une partie de son temps libre à restaurer bénévolement les murs de la capitale italienne, avec l’autorisation de la municipalité.
Équipé d’une combinaison, d’un masque et d’un nettoyeur projetant du sable à haute pression, il est récemment intervenu sur l’enceinte rénovée de la Villa Sciarra, près du quartier touristique de Trastevere. Pour la seconde fois en deux semaines, un slogan avait été inscrit sur ce même mur, illustrant la difficulté d’une bataille où chaque nettoyage peut rapidement être réduit à néant.
Salarié d’une entreprise spécialisée dans la restauration des monuments, des statues et des fontaines, Valerio Tuveri a commencé à diffuser ses interventions durant l’été 2024. À l’occasion du Jubilé catholique, il affirme avoir nettoyé huit kilomètres de murs le long du Tibre. Ses vidéos rassemblent désormais près de 80 000 abonnés sur Instagram et 70 000 sur TikTok.
Un succès numérique qui interroge l’action municipale
L’influenceur veut modifier le regard des habitants sur des inscriptions devenues si courantes qu’elles finissent, selon lui, par ne plus être remarquées. Il distingue le travail artistique du vandalisme et considère que les tags sauvages dénaturent une ville dont l’architecture constitue déjà une œuvre à ciel ouvert. Son initiative a même inspiré des opérations similaires dans d’autres villes italiennes.
Face à l’ampleur du phénomène, Mr Tuvs réclame davantage de vidéosurveillance, des amendes plus élevées et des sanctions plus sévères. Entre janvier et le début du mois de juillet, plus de cinquante personnes ont été signalées à la justice pour des dégradations commises dans la capitale. Un chiffre qui témoigne toutefois davantage de l’activité des autorités que de l’étendue réelle des inscriptions visibles sur les murs, les commerces et les transports.
La mairie salue l’engagement du jeune homme tout en reconnaissant ses propres limites financières et opérationnelles. Elle rappelle néanmoins que le bénévolat ne peut durablement remplacer l’action des services publics. Le succès de Mr Tuvs raconte ainsi une contradiction très contemporaine : les réseaux sociaux permettent à un citoyen de mobiliser une communauté autour de la propreté urbaine, mais ils rendent également visible l’incapacité des institutions à entretenir seules un patrimoine aussi vaste que celui de Rome.
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