Séoul étudie plusieurs options pour participer à la sécurisation du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique perturbée depuis le début de la guerre entre les États-Unis et l’Iran. Aucune décision n’a encore été prise, a tenu à préciser la présidence sud-coréenne.
Le bureau présidentiel sud-coréen a confirmé vendredi que des « contributions » à la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz étaient à l’étude. Diverses options sont examinées, sans qu’aucune n’ait été retenue à ce stade. La chaîne de télévision JTBC avait rapporté la veille que le gouvernement penchait pour un envoi de troupes dans la zone, et qu’il étudiait les modalités pratiques avant de soumettre le dossier au Parlement.
Un responsable de la présidence, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a précisé que Séoul tiendrait compte de ses procédures juridiques internes, de son état de préparation militaire et de l’approbation parlementaire requise. « La Corée du Sud pourrait apporter des contributions militaires aux efforts internationaux visant à garantir la libre navigation dans le détroit, à condition que ces contributions ne compromettent pas sa capacité opérationnelle », a-t-il déclaré.
La présidence a ensuite publié un communiqué pour clarifier que les mentions faites lors du briefing — participation au combat, rôles non combattants, opérations de recherche — ne constituaient que des descriptions générales d’options possibles, et non des décisions arrêtées. Tout déploiement militaire sud-coréen nécessite une décision du Conseil national de sécurité, une résolution en conseil des ministres et l’accord de l’Assemblée nationale. Or, selon le même responsable, les discussions « n’ont pas atteint le stade d’une demande d’approbation parlementaire ».
Le président Lee Jae Myung pourrait aborder le sujet lors de sa rencontre avec Emmanuel Macron la semaine prochaine, a indiqué la présidence. L’opinion publique reste réservée : un sondage Gallup Korea réalisé en mars montrait que 55 % des Sud-Coréens s’opposaient à l’envoi de navires de guerre dans le détroit.
Les enjeux économiques sont pourtant considérables pour Séoul. L’an dernier, 61 % des importations sud-coréennes de pétrole brut et 54 % de ses importations de naphta transitaient par le détroit d’Ormuz, aujourd’hui perturbé par les restrictions imposées par Téhéran sur le trafic maritime. La pression américaine s’ajoute à cette dépendance : en août, Donald Trump a annulé des exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud, invoquant notamment le refus de Séoul de soutenir Washington dans sa guerre contre l’Iran.
À la suite de cette décision, le gouvernement sud-coréen avait indiqué qu’il n’envisagerait un déploiement dans le détroit qu’après la fin du conflit américano-iranien. Le responsable présidentiel a toutefois rejeté l’idée que Séoul n’aurait fourni aucune assistance liée à la situation dans le détroit, affirmant que des contributions pratiques étaient discutées de longue date avec la communauté internationale. Fin 2019, la Corée du Sud avait déjà étendu le déploiement de son unité anti-piraterie de la Somalie vers la zone d’Ormuz, sous pression américaine.

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