POLITIQUE

Racisme anti-Blanc : Alexandre Allegret-Pilot saisit la justice après des propos de Louisa Yousfi

Racisme anti-Blanc : Alexandre Allegret-Pilot saisit la justice après des propos de Louisa Yousfi
Racisme anti-Blanc : Alexandre Allegret-Pilot saisit la justice après des propos de Louisa Yousfi

Le député UDR du Gard Alexandre Allegret-Pilot annonce ce jeudi saisir le procureur de la République après la diffusion d’un entretien de l’essayiste Louisa Yousfi consacré notamment à la France, aux « Blancs », à la colonisation et à l’islam. L’élu dénonce ce qu’il qualifie de « racisme anti-Blanc » et va jusqu’à réclamer « déchéance de nationalité et expulsion, immédiatement » à l’encontre de l’essayiste. Une demande politique qui ne signifie pas qu’une telle sanction serait juridiquement applicable aux faits dénoncés, ni que les propos de Louisa Yousfi ont reçu à ce stade une qualification pénale.

Dans l’extrait de l’entretien diffusé sur YouTube et visé par le député, Louisa Yousfi développe longuement une lecture décoloniale de la société française. Elle explique notamment ne pas chercher, lorsqu’elle écrit sur l’islam, à rassurer ceux qu’elle qualifie d’« islamophobes », mais à s’adresser « aux siens ». Elle évoque une expérience de la foi qui aurait été « abîmée par une vie d’exil, une vie de dépossession, une vie dans un pays islamophobe ». L’essayiste affirme également qu’un véritable processus de décolonisation de la France supposerait de reconnaître non seulement la perte de l’Algérie, mais la « victoire algérienne » : « En se libérant, on l’a libérée », affirme-t-elle à propos de la France.

« Il faut sauver les Blancs »

C’est notamment son discours sur les « Blancs » qui a provoqué la réaction d’Alexandre Allegret-Pilot. « Il faut sauver les Blancs, il ne faut pas sauver l’Afrique comme ils disent », explique Louisa Yousfi dans cet entretien. « C’est vous qu’il faut sauver. C’est vous qui êtes aliénés », poursuit-elle, décrivant les Blancs comme pris dans « un rapport de domination » qui serait à leur avantage mais constituerait, selon elle, « la pire position ». Plus loin, elle estime que ceux-ci devraient intégrer à leur propre récit historique des figures de l’anticolonialisme et de l’indépendance algérienne, citant notamment Frantz Fanon et le FLN.

Louisa Yousfi développe également une conception particulièrement conflictuelle des rapports politiques et sociaux. Elle affirme que « la guerre, c’est l’état de la vie » et déclare : « J’écris comme si nous étions en guerre. » Elle présente la communauté issue de l’immigration comme une « menace » et des « forces dangereuses » du point de vue du système qu’elle combat, et voit dans l’islam une appartenance permettant de former une « communauté de destin » qui n’aurait « pas encore été avalée » par l’intégration. À propos du voile, elle l’interprète notamment comme une manière, pour certaines femmes musulmanes, d’échapper au « commerce des hommes blancs ». Elle estime enfin que les musulmans seraient les « cibles prioritaires » d’un fascisme qu’elle considère déjà présent à leurs portes, d’où, selon elle, la nécessité de se « réarmer spirituellement ».

Une figure issue du courant décolonial

Née à Cannes en 1988 de parents algériens, Louisa Yousfi est journaliste et essayiste. Elle a milité au Parti des Indigènes de la République (PIR), organisation du courant décolonial fondée dans le prolongement de l’Appel des indigènes de la République de 2005, avant de le quitter en 2020. Elle a également été rédactrice en chef de Paroles d’honneur, média lié à cette mouvance. En 2022, elle publie chez La Fabrique Rester barbare, essai dans lequel elle interroge l’assimilation et l’intégration des descendants de l’immigration postcoloniale en s’appuyant aussi bien sur l’écrivain algérien Kateb Yacine que sur la culture populaire et le rap français. Elle a ensuite publié La Grande Méthode en 2026.

Alexandre Allegret-Pilot considère ces déclarations comme suffisamment graves pour justifier une intervention judiciaire. « Des nouvelles du racisme anti-Blanc, dans un pays “de Blancs” comme disait De Gaulle », écrit le député du Gard, avant d’annoncer : « À nouveau, je saisis le procureur de la République. » Il compare ensuite la situation française à celle qui prévaudrait, selon lui, si un Blanc tenait des propos insultants envers les Arabes en Algérie, les Asiatiques en Chine ou les Noirs au Congo. « Cessons de nous laisser cracher dessus et d’applaudir comme des idiots masochistes », lance-t-il, appelant à renouer avec « le sentiment de notre dignité ». Reste désormais à savoir quelles suites le parquet donnera à la saisine annoncée par le parlementaire.

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