Emmanuel Grégoire veut « bousculer » la loi après le scandale des violences dans le périscolaire parisien. Auditionné ce mercredi au Sénat, le maire de Paris a reconnu des défaillances de la Ville et présenté plusieurs propositions, parmi lesquelles la création d’un fichier national recensant les signalements pour violences sexuelles sur mineurs.
« Je n’honorerai pas cette obligation »
Le maire socialiste propose également de rendre obligatoire une procédure de coordination avec les parquets et d’allonger la durée pendant laquelle un agent peut être suspendu administrativement. Selon les nouveaux chiffres communiqués lors de son audition, 195 animateurs ont été suspendus depuis le 1er janvier, dont 74 pour des suspicions de violences sexuelles.
Emmanuel Grégoire a surtout révélé qu’un tribunal administratif avait ordonné à la Ville de réintégrer un vacataire suspendu. « Je n’honorerai pas cette obligation », a-t-il prévenu devant les sénateurs, assumant de privilégier le principe de précaution concernant les personnels placés au contact des enfants.
Le maire a reconnu un « manque de culture du signalement », des remontées d’informations insuffisantes et une Ville qui « a pu manquer de transparence ». Il a exprimé ses « plus profonds regrets personnels et ceux de la Ville de Paris », tout en affirmant n’avoir connaissance d’aucune tentative d’étouffer ou de dissimuler une affaire de violence sexuelle. L’objectif affiché est désormais de modifier le cadre légal pour renforcer la prévention et éviter qu’un agent faisant l’objet de signalements puisse passer d’une collectivité à une autre.

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