Invitée mercredi soir sur CNEWS, Aurore Bergé a été longuement interrogée par Mathieu Bock-Côté sur la théorie du « grand remplacement ». La ministre chargée de l’Égalité affirme la juger « fausse » et « mensongère » concernant la France, mais refuse de la qualifier en elle-même de raciste. Une position qui a immédiatement fait réagir le député LFI Thomas Portes.
Pressée à plusieurs reprises de répondre à la question « est-ce que la théorie du grand remplacement est raciste ? », Aurore Bergé a choisi de distinguer le débat politique de l’infraction raciste. « Pour moi, c’est un débat politique », a-t-elle d’abord répondu, avant de préciser qu’elle combat cette théorie parce qu’elle « décrit une réalité qui n’est pas la nôtre dans notre pays ». Selon elle, le « grand remplacement » est donc « faux factuellement » et même « mensonger », car il contribuerait à créer « un terreau de peur ».
Thomas Portes : « La honte absolue »
Cette nuance a vivement fait réagir Thomas Portes. Sur X, le député de La France insoumise a repris la réponse de la ministre avant de dénoncer « la honte absolue ». Pour lui, la théorie du grand remplacement ne peut être séparée de son arrière-plan racial et des violences d’extrême droite qu’elle a pu inspirer.
L’élu insoumis cite notamment plusieurs tueries commises par des suprémacistes blancs ayant invoqué des thèses de « remplacement » des populations : l’attentat de Christchurch en 2019, celui d’El Paso la même année ou encore la tuerie de Buffalo en 2022. Il reproche ainsi à Aurore Bergé de banaliser une théorie qui, selon lui, a directement nourri des passages à l’acte terroristes.
La ministre défend de son côté une autre ligne : elle estime qu’une idée peut être combattue politiquement, jugée fausse ou dangereuse, sans pour autant considérer automatiquement que son expression relève du racisme pénalement répréhensible. Un débat sémantique et juridique qui a rapidement pris une dimension politique, entre dénonciation de la banalisation d’une théorie identitaire et défense de la liberté du débat public.

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