Une visite pour le moins inhabituelle embarrasse la Police nationale dans le Haut-Rhin. Le commandant divisionnaire à la tête du commissariat de Saint-Louis/Huningue fait l’objet d’une enquête administrative après avoir accueilli dans ses locaux une actrice pornographique allemande, connue sous le nom de scène de Lara CumKitten. Les faits remontent au 26 juin dernier. Plusieurs photographies prises lors de cette visite ont ensuite été publiées sur Instagram. Elles montrent notamment l’actrice dans les locaux du commissariat, vêtue d’un polo portant l’inscription « police nationale », au volant d’un véhicule de service et avec du matériel utilisé par les forces de l’ordre. Mais ce sont surtout les clichés montrant la jeune femme avec des armes qui ont provoqué la polémique. Sur l’un d’eux, elle apparaît avec un lanceur de balles de défense. Sur un autre, elle tient un pistolet-mitrailleur HK UMP9, sanglé en travers du buste.
Une photo avec le commandant sous le portrait d’Emmanuel Macron
Une autre photographie montre Lara CumKitten aux côtés du commandant divisionnaire Éric Dietemann, responsable du commissariat. Le cliché a été pris dans son bureau, sous le portrait officiel du président Emmanuel Macron. Le policier apparaît avec un bras autour des épaules de l’actrice, qui porte un polo bleu marine siglé « police nationale ». En publiant la photographie sur Instagram, il avait écrit : « Qui a dit qu’on ne faisait pas de rencontre intéressante dans la police… ? » La publication a depuis été supprimée et le compte Instagram du commandant est devenu privé.
L’actrice évoquait un « stage très intéressant »
Lara CumKitten a elle aussi publié plusieurs photographies de sa venue à Saint-Louis. Dans un message accompagnant les clichés, elle expliquait avoir eu l’occasion d’effectuer ce qu’elle présentait comme un « stage très intéressant » auprès de la Police nationale et remerciait le commandant pour son accueil. Les images la montrent notamment assise au volant d’un véhicule sérigraphié de la Police nationale et portant des éléments de tenue utilisés par les fonctionnaires. D’autres clichés la montrent avec le LBD puis avec le HK UMP9. La question des conditions dans lesquelles une personne extérieure à la Police nationale a pu accéder à ces équipements est désormais au cœur de l’affaire.
Une enquête administrative ouverte
Face à la diffusion de ces photographies, une enquête administrative a été ouverte. Elle doit déterminer précisément les circonstances de la visite et établir si des manquements aux règles professionnelles et déontologiques ont été commis. Les investigations doivent notamment permettre de savoir dans quelles conditions Lara CumKitten a été autorisée à pénétrer dans les locaux, à utiliser un véhicule de service, à porter des éléments associés à l’uniforme et à avoir accès aux armes et au matériel d’intervention. L’accès à ce type d’équipements est strictement encadré, ce qui rend particulièrement sensible la présence d’une personne extérieure au service avec un LBD et un pistolet-mitrailleur entre les mains.
Le chef du commissariat directement concerné
Éric Dietemann, qui dirige le commissariat de Saint-Louis/Huningue, est directement concerné par l’enquête administrative. La procédure devra établir son rôle exact dans l’organisation de la visite et déterminer si les règles de sécurité, de discrétion, d’exemplarité et de déontologie ont été respectées. Elle devra également déterminer dans quelles conditions les photographies ont pu être réalisées puis diffusées publiquement sur les réseaux sociaux. À ce stade, aucune sanction disciplinaire n’a été annoncée.
Des photos désormais supprimées
Les publications à l’origine de la polémique ont été retirées des réseaux sociaux, mais les photographies avaient déjà largement circulé. L’affaire place désormais la hiérarchie policière face à plusieurs questions : les conditions d’accès d’une personne extérieure à un commissariat, l’utilisation d’un véhicule de service, le port d’éléments associés à la Police nationale et, surtout, l’accès à des armes réglementaires. L’enquête administrative devra désormais établir précisément ce qui a été autorisé lors de cette visite du 26 juin et déterminer les responsabilités éventuelles.