L’affaire autour de Thélyson Orélien continue de s’alourdir. Après les premières accusations de plagiat visant d’anciens textes de l’écrivain et la découverte de passages attribués à trois poètes japonais dans son poème Déchirures, un autre de ses écrits est désormais mis en cause.
Cette fois, la comparaison concerne Volkswagen Blues, roman de l’écrivain québécois Jacques Poulin publié en 1984. Une nouvelle publiée par Thélyson Orélien en 2012 reprend presque intégralement plusieurs extraits d’un chapitre du livre.
Une nouvelle publiée en 2012 reprend des passages de Volkswagen Blues
Le texte concerné s’intitule Sur les rives du fleuve Saint-Laurent. Datée du 1er novembre 2012, cette nouvelle de Thélyson Orélien a été publiée sur le site Parole en archipel.
Plusieurs passages correspondent à des extraits du chapitre Le vieil homme au bord du Mississippi de Volkswagen Blues. Les noms de lieux et certains éléments sont modifiés, tandis que des mots sont ajoutés, mais le texte reproduit fidèlement, avec quelques changements, des passages du roman de Jacques Poulin.
Publié en 1984, Volkswagen Blues suit Jack Waterman dans un voyage à travers l’Amérique du Nord, de la Gaspésie jusqu’à la Californie, à la recherche de son frère. Jacques Poulin est mort en 2025. Son roman avait donc été publié 28 ans avant la nouvelle de Thélyson Orélien aujourd’hui mise en cause.
Au moins 23 exemples de plagiat recensés
Cette découverte s’ajoute à une série de cas concernant des textes plus anciens de Thélyson Orélien. Au moins 23 exemples de plagiat dans ses écrits ont été recensés sur X depuis le début de la polémique autour de C’était ça ou mourir.
Plusieurs publications remontant au début des années 2010 ont déjà été examinées. Des textes publiés dans la Zone d’écriture de Radio-Canada en 2012, dans La Presse en 2013 et sur la plateforme de blogs de Mediapart en 2013 et 2014 présentent des ressemblances avec des œuvres ou articles antérieurs.
Dans le cas de La Presse, le quotidien québécois a constaté qu’une chronique publiée sous le nom de Thélyson Orélien en 2013 constituait dans sa « quasi-totalité » une « traduction légèrement remaniée » d’un article paru quelques jours auparavant dans le quotidien philippin The Philippine Star.
Un texte primé à Radio-Canada également mis en cause
Un autre dossier concerne Où va le monde, texte publié dans la Zone d’écriture de Radio-Canada et récompensé par le prix du public d’un concours d’écriture. Le texte reprend des passages de la préface du Matin des magiciens, ouvrage de Louis Pauwels et Jacques Bergier paru en 1960.
Ces révélations sont distinctes de l’accusation initiale concernant l’utilisation supposée de l’intelligence artificielle pour écrire C’était ça ou mourir. Sur ce dernier point, Thélyson Orélien a toujours contesté avoir utilisé l’IA pour rédiger son roman. Il avait notamment déclaré : « Je ne vois pas pourquoi je ferais appel à une machine. »
Le Goncourt retire C’était ça ou mourir de sa sélection
La polémique a eu des conséquences directes sur le parcours du roman. C’était ça ou mourir, qui figurait dans la première sélection du prix Goncourt, a été retiré de la sélection vendredi 25 septembre.
Éric-Emmanuel Schmitt, membre de l’Académie Goncourt, a expliqué le lendemain dans Quelle époque ! que les cas de plagiat avaient pesé dans la décision des jurés. Il a déclaré : « On n’était pas tous d’accord. Ce sont effectivement les plagiats avérés qui nous ont fait perdre confiance dans cette position. »
L’accusation concernant l’intelligence artificielle repose notamment sur des analyses effectuées avec l’outil de détection Pangram. La fiabilité de ce type d’outil fait toutefois l’objet de débats et ne permet pas, à elle seule, d’établir avec certitude les conditions dans lesquelles un texte a été rédigé.
Le Boréal suspend la promotion du roman
Les Éditions du Boréal, qui publient Thélyson Orélien au Québec, ont également réagi. La maison d’édition a suspendu les activités promotionnelles liées à l’auteur et a distingué les accusations concernant l’intelligence artificielle des cas de plagiat découverts dans ses publications antérieures.
Le Boréal a indiqué ne pas disposer d’éléments permettant d’établir de manière définitive une utilisation de l’intelligence artificielle dans l’écriture du roman. En revanche, l’éditeur a adopté une position sans ambiguïté concernant les reprises découvertes dans les anciens textes de l’écrivain, rappelant que « le plagiat est une pratique inacceptable ».
Thélyson Orélien se trouvait en France pour assurer la promotion de C’était ça ou mourir lorsque l’affaire a éclaté. Ses activités professionnelles ont ensuite été interrompues et l’écrivain est retourné au Québec.
La découverte des passages provenant de Volkswagen Blues élargit encore le dossier : les accusations ne concernent plus seulement quelques chroniques anciennes ou la polémique autour de son roman de 2026, mais désormais plusieurs textes publiés sous son nom au début des années 2010.
