Affaibli par un cancer, disparu depuis septembre 2023, découpé à la scie après avoir été tué lors d’une soirée sous stupéfiants : Jonathan Lecomte, 39 ans, a vécu un sort d’une rare brutalité. La confirmation de son homicide, près d’un an et demi après sa disparition, a provoqué une onde de choc, particulièrement chez sa sœur Sophie, qui n’a cessé de le chercher et qui, ce mercredi, a appris que son frère avait été dépecé par celui qu’elle qualifie de « psychopathe ». L’affaire a pris une tournure macabre en juillet 2024, avec la découverte de deux jambes humaines dans le canal de Blainville-sur-Orne, au nord-est de Caen. Les analyses ont rapidement permis de les rattacher à Jonathan, identifié grâce aux signalements que sa famille relayait depuis des mois sur les réseaux sociaux. Le parquet de Caen a révélé cette semaine les détails glaçants du crime.
Un crime sordide sur fond d’alcool, de drogue et de maladie
Le suspect, un homme de 28 ans, vient d’être interpellé et a reconnu les faits. Il affirme que Jonathan est mort au cours d’une soirée très alcoolisée, où tous deux avaient également consommé des stupéfiants. Jonathan, atteint d’un cancer et souffrant de crises d’épilepsie, était en situation de grande vulnérabilité. Il se déplaçait parfois avec une canne ou un déambulateur. Selon les enquêteurs, il aurait été étouffé, puis son cadavre conservé pendant plusieurs mois sur le balcon de l’appartement du mis en cause. La suite est un enchaînement d’horreurs : le suspect raconte avoir découpé le corps en une dizaine de morceaux à l’aide d’une scie, puis jeté une partie dans le canal et enterré le reste dans le jardin de sa propre mère, à Blainville-sur-Orne, à l’insu de cette dernière. La dépouille a pu être entièrement reconstituée mardi, a indiqué le procureur Joël Garrigue. L’auteur présumé a été mis en examen.
Un combat contre la maladie interrompu par l’horreur
Pour Sophie Lecomte, la sœur de la victime, le choc est d’autant plus grand que Jonathan, malgré sa maladie incurable, se battait chaque jour pour voir grandir ses enfants. Elle évoque des traitements lourds, des crises d’épilepsie, et une mobilité très réduite. Elle refuse l’idée d’un geste désespéré : « Il n’a jamais voulu en finir », martèle-t-elle, accusant le meurtrier d’avoir profité de sa faiblesse physique et mentale pour le tuer. Sur Facebook, les messages de soutien affluent. Des proches rappellent que Jonathan était un père aimant, un battant, qui ne méritait pas une telle fin. Sophie promet de continuer à défendre sa mémoire, face à un crime dont l’horreur dépasse l’entendement.