Scène surréaliste à Four, paisible commune de 1 700 habitants en Isère : des flyers de promotion pour un point de deal de cannabis ont été glissés la semaine dernière dans les boîtes aux lettres. Produits, prix, adresse de livraison… tout y était, dans un visuel digne d’une publicité pour des pizzas. Personnages de BD, mise en page colorée, intitulés accrocheurs : « mousseux, 8 grammes, 20 euros », « dry, 7 grammes, 20 euros »…
L’esthétique d’un flyer de pizzeria
Le maire Jean Papadopoulo se dit sidéré : « On commande désormais de la drogue comme on commanderait une pizza. C’est glaçant. » Les habitants, eux aussi, ont réagi avec stupeur. « On croyait être à l’abri ici. C’est terminé. » La gendarmerie, aussitôt alertée, s’est rendue sur l’adresse indiquée à Villefontaine, à une quinzaine de minutes de là. Résultat : trois interpellations. Mais au-delà de cette opération, le signal est clair : les trafiquants n’ont plus peur de s’afficher. À Four, la sidération a laissé place à une prise de conscience brutale : le narcotrafic ne se cache plus, il s’imprime.