Un Bordelais d’une trentaine d’années a été mis en examen et placé en détention provisoire pour avoir orchestré à distance une trentaine de viols d’enfants diffusés en direct sur Internet. C’est la première fois qu’une affaire de ce type impliquant Madagascar est jugée en France, jusque-là ces dossiers concernaient surtout la Colombie et les Philippines.
Des instructions données depuis Bordeaux
Identifié par la DCOS de Bordeaux, le suspect, employé administratif, aurait organisé ces agressions sexuelles via des messageries cryptées après des premiers contacts établis sur des sites pour adultes. Les enquêteurs ont saisi des milliers de fichiers pédocriminels et retrouvé des négociations tarifées autour de séances de « livestreaming », durant lesquelles l’homme donnait en direct ses instructions pour les sévices commis sur des mineurs. Au total, il aurait déboursé près de 15 000 euros.
Des victimes très jeunes, des faits répétés pendant trois ans
Au moins cinq enfants ont pu être identifiés, dont trois âgés de moins de dix ans. Les faits se seraient étalés sur trois ans, avec des sessions pouvant durer plusieurs heures. Selon l’Office mineurs (OFMIN), cette affaire illustre la capacité des services spécialisés à déjouer le sentiment d’impunité des auteurs malgré la distance et les protections numériques.
Vingt ans de réclusion encourus
À l’issue de 96 heures de garde à vue, l’homme a été mis en examen pour complicité de viols et d’agressions sexuelles sur mineurs, complicité de traite d’êtres humains aggravée, participation à une association de malfaiteurs criminels et détention d’images pédocriminelles. Il encourt jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle. Selon l’OFMIN, près de la moitié des consommateurs d’images pédocriminelles passent ensuite à l’acte dans la vie réelle, ce qui accentue l’urgence d’identifier rapidement auteurs et victimes pour briser ces réseaux.