Reform UK promet de mobiliser les forces armées britanniques contre les embarcations de migrants traversant la Manche s’il remporte les prochaines élections législatives. Baptisé « Operation Fortress », le dispositif défendu par Nigel Farage prévoit une intervention coordonnée de la Royal Navy, des Royal Marines, de l’armée de terre et de la Royal Air Force.
Les navires militaires auraient pour mission d’intercepter les embarcations avant leur arrivée sur les côtes britanniques. Leurs passagers recevraient de l’eau et de la nourriture, puis seraient reconduits sous escorte vers la France ou la Belgique. Reform UK promet également de renforcer les moyens de surveillance afin de détecter les départs et de suivre les bateaux dans la Manche.
Le porte-parole du parti pour les affaires intérieures, Zia Yusuf, présente l’immigration irrégulière comme une « urgence de sécurité nationale ». Selon lui, les gouvernements conservateurs et travaillistes ont abandonné le contrôle de la Manche aux réseaux de passeurs. Nigel Farage assure pour sa part que cette opération permettrait d’arrêter les traversées en seulement deux semaines.
Un projet contesté jusque dans les rangs de la marine
La faisabilité de ce déploiement suscite toutefois de sérieux doutes. Tom Sharpe, ancien commandant de la Royal Navy, estime que des bâtiments militaires conçus pour la lutte antiaérienne ou antisous-marine ne sont pas adaptés au transport de migrants. Il rappelle également que les forces armées britanniques sont déjà engagées sur plusieurs fronts et disposent de moyens limités.
La principale difficulté reste diplomatique. La France et la Belgique devraient accepter le retour des personnes interceptées, ce qui ne pourrait être imposé unilatéralement par Londres. Le droit maritime oblige par ailleurs les équipages à porter secours aux passagers d’embarcations en danger. Des tentatives précédentes de confier à la Royal Navy la gestion des traversées avaient déjà montré leurs limites.
Reform UK s’inspire notamment du déploiement militaire espagnol à Ceuta, malgré les différences évidentes entre une frontière terrestre et les eaux particulièrement fréquentées de la Manche. Le parti mise sur cette proposition spectaculaire pour reprendre l’initiative politique sur l’immigration. Plus de 14 500 personnes ont rejoint le Royaume-Uni à bord de petites embarcations depuis le début de 2026, même si le nombre de traversées a diminué par rapport à l’année précédente.
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