Cinq ans après un premier rapport particulièrement critique, la Cour des comptes constate que les progrès accomplis contre les algues vertes restent insuffisants en Bretagne. Seulement un tiers de ses recommandations ont été entièrement appliquées. Les concentrations de nitrates ont diminué dans les cours d’eau depuis dix ans, mais cette amélioration ralentit et ne permet toujours pas d’empêcher les échouages massifs.
Plusieurs faiblesses persistent dans la stratégie publique. Environ 80 % des algues s’accumuleraient dans les vasières, où peu d’interventions sont réalisées. La Cour relève également un manque de modélisations scientifiques, une conditionnalité environnementale insuffisante des aides accordées aux agriculteurs et aux entreprises agroalimentaires ainsi qu’un accès incomplet aux données sur les élevages pour les services chargés des contrôles.
De nouvelles règles après la condamnation de l’État
Plus de 90 % des nitrates favorisant la prolifération des algues vertes seraient d’origine agricole, notamment en lien avec l’élevage intensif. Depuis 2010, sept plans se sont succédé sans régler durablement le problème. Les conséquences dépassent la pollution visuelle : fermetures de plages, difficultés pour les ostréiculteurs et dégagement de sulfure d’hydrogène lors de la décomposition des algues, un gaz potentiellement mortel.
Condamné en mars 2025 pour l’insuffisance de son action, l’État a renforcé sa stratégie depuis le 1er septembre. De nouvelles règles s’appliquent désormais sur 20 % des terres agricoles bretonnes considérées comme les plus fragiles. Elles prévoient des analyses de sol plus fréquentes, un meilleur suivi des fertilisants et la restauration de zones humides. Après un demi-siècle de lutte, l’efficacité de ces mesures dépendra toutefois des contrôles réellement réalisés et de leur capacité à réduire durablement les apports de nitrates.

Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.