La stratégie présidentielle de Marine Tondelier est contestée au sein même des Écologistes. Invitée de Sud Radio ce mercredi matin, Sandrine Rousseau a réclamé l’organisation d’un vote des militants après la primaire socialiste afin de déterminer définitivement la ligne du parti pour 2027 : candidature autonome, alliance avec le vainqueur de la primaire ou rapprochement avec La France insoumise.
« On ne peut pas rester dans un grand écart comme ça »
Interrogée directement sur le maintien de la candidature de Marine Tondelier, actuellement créditée de 4 à 5 % des intentions de vote dans les sondages cités pendant l’interview, Sandrine Rousseau a répondu : « Je vous propose de lui poser la question. » La députée de Paris réclame surtout que la décision revienne aux adhérents plutôt qu’aux dirigeants du parti.
« Moi, je voudrais que nous ayons un vote des militants. C’est ce sur quoi je me bats », a-t-elle expliqué. Sandrine Rousseau accepte toutefois d’attendre l’issue de la primaire organisée autour du PS et de Place publique : « Une fois le vainqueur connu, nous devons prendre une décision. On ne peut pas rester dans un grand écart. »
Trois options devront selon elle être clairement tranchées : « Est-ce qu’on fait alliance avec le PS, est-ce qu’on maintient une candidature autonome ou est-ce qu’on fait alliance avec LFI ? » La députée avertit que les choix effectués pourraient avoir de lourdes conséquences si la dispersion des candidatures empêchait finalement la gauche d’accéder au second tour.
Rousseau préfère une alliance négociée avec LFI
Sandrine Rousseau ne cache pas sa préférence personnelle. « Moi, je souhaite qu’il y ait une alliance de notre parti avec LFI, mais sur la base d’éléments programmatiques avec des négociations, pas un ralliement sec », a-t-elle déclaré. Elle refuse cependant de prendre seule une initiative et assure vouloir d’abord obtenir une consultation interne.
La députée écologiste conserve par ailleurs ses différences avec Jean-Luc Mélenchon et son mouvement. Interrogée sur plusieurs polémiques récentes, elle a notamment défendu une position différente de celle de certains Insoumis concernant le boycott d’artistes. « Je ne suis pas LFI, je suis écologiste », a-t-elle insisté, tout en considérant que La France insoumise porte aujourd’hui davantage que les autres forces politiques une « rupture avec le système économique et social ».
Cette prise de position intervient le jour même où Marine Tondelier a assuré sur France Inter que les Écologistes « feront partie de la solution » pour 2027, malgré leur absence de la primaire socialiste. Alors que leur secrétaire nationale s’apprête temporairement à mettre sa campagne entre parenthèses pour son accouchement, le débat sur la stratégie présidentielle des Écologistes est donc loin d’être tranché.

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