ÉCONOMIE Entreprises

Air France-KLM résiste au choc pétrolier, mais ses bénéfices décrochent brutalement

Air France-KLM résiste au choc pétrolier, mais ses bénéfices décrochent brutalement
Air France-KLM résiste au choc pétrolier, mais ses bénéfices décrochent brutalement

Air France-KLM est parvenu à limiter les effets de l’envolée du prix du carburant grâce à une activité toujours dynamique. Au deuxième trimestre 2026, le groupe franco-néerlandais a réalisé un chiffre d’affaires de 9,28 milliards d’euros, en progression de 9,9 % sur un an. Une croissance alimentée notamment par la demande sur les lignes long-courriers et par le succès persistant des cabines haut de gamme.

Cette hausse des recettes n’a cependant pas suffi à préserver les bénéfices. Le résultat opérationnel ajusté est retombé à 484 millions d’euros, contre 735 millions un an plus tôt. Quant au bénéfice net, il a chuté de 649 à 190 millions d’euros. La facture énergétique a lourdement pesé sur les comptes, avec 804 millions d’euros de dépenses supplémentaires liées au carburant.

Le groupe estime avoir récupéré près de 85 % de ce surcoût grâce à l’augmentation de ses revenus. Air France-KLM a notamment bénéficié d’une progression de 3,9 % du nombre de voyageurs, avec 28,3 millions de passagers transportés durant le trimestre. Ses capacités ont augmenté de 2,6 %, tandis que le taux de remplissage est resté particulièrement élevé, à 87,7 %.

Une croissance rentable de plus en plus difficile à maintenir

Ces résultats mettent en lumière les limites de la stratégie de croissance du transporteur. L’augmentation du trafic et les performances des offres premium permettent d’amortir le choc, mais pas de l’effacer totalement. Chaque siège supplémentaire génère davantage de recettes tout en exposant le groupe à une facture énergétique devenue particulièrement instable sous l’effet des tensions géopolitiques.

La direction a donc revu ses ambitions à la baisse. Air France-KLM prévoit désormais une progression annuelle de ses capacités comprise entre 2 et 3 %, alors que sa précédente estimation pouvait atteindre 4 %. Les activités court et moyen-courriers devraient même enregistrer un recul d’environ 1 %, signe que le groupe préfère protéger sa rentabilité plutôt que poursuivre une expansion trop coûteuse.

Malgré ce ralentissement, Air France-KLM conserve une demande solide et une trésorerie suffisante pour continuer à investir dans le renouvellement de sa flotte. Des avions plus récents et moins gourmands en kérosène constituent désormais un levier économique autant qu’environnemental. Le groupe démontre ainsi sa capacité de résistance, mais la forte baisse de son bénéfice rappelle que, dans le transport aérien, la croissance du chiffre d’affaires ne garantit jamais celle des profits.

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