Le coût de financement de la France continue de se tendre sur les marchés obligataires. Après avoir dépassé 4,5 % à la mi-septembre, le rendement de l’emprunt d’État français à dix ans a encore progressé dans les derniers jours de septembre. L’OAT à dix ans atteignait environ 4,76 % le 29 septembre, un niveau qui n’avait plus été observé depuis le début des années 2000 selon les données de marché.
La remontée est particulièrement rapide. Début septembre, le taux français à dix ans évoluait autour de 4,27 %, avant de franchir 4,5 % au milieu du mois. En quelques semaines, la France a donc vu le coût auquel elle se finance sur cette maturité augmenter de près d’un demi-point. À titre de comparaison, le taux allemand à dix ans, référence de la zone euro, était encore autour de 3,5 % à la mi-septembre.
Un écart croissant avec l’Allemagne
Les investisseurs surveillent surtout le « spread », c’est-à-dire l’écart entre le taux français et le taux allemand. Celui-ci a dépassé 110 points de base fin septembre et a même atteint environ 120 points de base le 30 septembre, son plus haut niveau depuis 2012. Cet élargissement traduit le supplément de rendement désormais demandé par les marchés pour détenir de la dette française plutôt que des obligations allemandes.
Cette tension intervient alors que la situation des finances publiques françaises reste sous surveillance. La dette publique approchait 119 % du PIB à la fin du deuxième trimestre 2026, tandis que plusieurs agences de notation ont récemment exprimé leurs inquiétudes concernant la trajectoire budgétaire française. Scope Ratings a ainsi abaissé en septembre la note souveraine de la France de AA- à A+, en évoquant notamment la hausse des coûts de financement et le niveau des déficits.
Une facture appelée à augmenter progressivement
La hausse des taux ne signifie pas que l’ensemble de la dette française est immédiatement refinancé à près de 5 %. L’État emprunte sur différentes maturités et les anciennes obligations continuent de produire leurs effets jusqu’à leur échéance. Mais à mesure que la dette arrivée à maturité doit être renouvelée, des taux plus élevés augmentent progressivement la charge d’intérêts supportée par le budget.
Les autorités françaises assurent pour l’instant que l’État continue d’accéder normalement aux marchés. Mi-septembre, le ministre de l’Économie indiquait que 85 % du programme annuel d’émissions avait déjà été réalisé sans difficulté particulière. Le gouverneur de la Banque de France avait également écarté à ce stade tout problème de financement, tout en soulignant que le niveau des taux rendait indispensable la maîtrise de la dette publique.

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