Le documentaire israélien Naza, consacré aux méthodes employées par l’armée israélienne dans la bande de Gaza, a reçu une ovation de 25 minutes jeudi soir lors de sa présentation à la Mostra de Venise. Réalisé par les journalistes d’investigation Yuval Abraham et Rachel Szor, le film est le seul documentaire sélectionné en compétition cette année. Il s’appuie sur les témoignages de membres des forces armées et des services de renseignement israéliens pour interroger le fonctionnement des frappes menées dans l’enclave palestinienne.
Pour construire leur enquête, les deux réalisateurs ont recueilli les récits anonymisés de 24 militaires israéliens, parmi lesquels figurent des officiers et des membres des services de renseignement. Les entretiens ont été tournés de nuit sur des toits de Tel-Aviv, avec un dispositif destiné à préserver leur identité : visages dissimulés, silhouettes plongées dans l’obscurité et voix modifiées. Yuval Abraham, âgé de 31 ans, conduit les échanges et questionne notamment ses interlocuteurs sur les technologies et les procédures utilisées pour sélectionner les cibles.
Des témoignages venus de l’intérieur de l’appareil militaire
Le titre Naza renvoie, selon le documentaire, à un terme employé au sein de l’armée israélienne pour désigner le nombre de civils dont la mort est anticipée lors d’une frappe aérienne. À travers les témoignages recueillis, le film entend documenter la manière dont des outils technologiques et des renseignements sont intégrés aux décisions opérationnelles. Les accusations et récits présentés dans le documentaire reposent sur ces témoignages anonymisés et s’inscrivent dans le débat international sur la conduite des opérations israéliennes à Gaza.
L’accueil réservé à Naza rappelle celui obtenu lors de l’édition précédente par La Voix de Hind Rajab, docu-fiction consacrée à la mort d’une fillette palestinienne de cinq ans. Le film avait alors été applaudi pendant 23 minutes avant d’obtenir le deuxième prix du festival. Avec une ovation de deux minutes plus longue pour Naza, la guerre à Gaza s’impose une nouvelle fois comme l’un des sujets politiques et cinématographiques les plus remarqués de la Mostra de Venise.

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