Après le rejet de leur proposition de loi en commission, les deux députés guyanais dénoncent la bien-pensance parisienne et annoncent leur rupture avec la gauche métropolitaine.

Hydrocarbures en Guyane : les députés locaux rompent avec la gauche française
Hydrocarbures en Guyane : les députés locaux rompent avec la gauche française

Les deux députés de Guyane, Jean-Victor Castor et Davy Rimane, ont annoncé jeudi leur rupture avec la gauche française après le rejet en commission de leur proposition de loi visant à autoriser l’exploration pétrolière en outre-mer. Le texte, initialement porté par le sénateur macroniste Georges Patient et adopté en janvier au Sénat, sera néanmoins examiné le 11 juin en séance plénière à l’Assemblée nationale. Il vise à sortir les territoires ultramarins du périmètre de la loi Hulot qui interdit depuis plusieurs années l’exploitation des hydrocarbures sur l’ensemble du territoire français. Les élus guyanais dénoncent la bien-pensance de Paris et accusent l’Hexagone de colonialisme vert, estimant que la métropole impose ses normes environnementales sans tenir compte des réalités économiques locales.

Un débat qui divise jusqu’en Guyane

Le rapporteur du texte, Jean-Victor Castor, plaide pour le développement économique des territoires ultramarins durement touchés par les retards structurels et la pauvreté. Son argumentation se heurte à une levée de boucliers parmi les groupes politiques classés à gauche, qui voient dans cette proposition une remise en cause des engagements climatiques de la France. La proposition de loi divise également au sein même de la Guyane, où tous les élus ne partagent pas cette vision du développement territorial. Le débat oppose ceux qui privilégient l’urgence économique à ceux qui défendent la transition écologique.

Tensions entre Paris et les outre-mer

Cette séquence politique illustre les tensions croissantes entre Paris et les territoires ultramarins sur les questions énergétiques. Les députés guyanais reprochent à la gauche métropolitaine de ne pas comprendre les enjeux de survie économique qui se posent dans leur circonscription. Leur rupture avec la famille politique à laquelle ils appartiennent formellement témoigne d’un fossé grandissant sur la manière de concilier impératifs environnementaux et développement des outre-mer. L’examen en séance publique à l’Assemblée nationale s’annonce houleux.

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