Une nouvelle enquête de L214 place Carrefour sous pression. L’association de défense des animaux a diffusé des images tournées en juillet et août 2026 dans un élevage de canards de Barbarie situé à Sèvremoine, dans le Maine-et-Loire. Selon L214, environ 11 500 canards y seraient élevés dans un bâtiment fermé, sans accès à une mare ni à une surface de litière, avec des animaux présentés comme blessés ou en difficulté pour se déplacer. L’association affirme que la viande issue de cet élevage est commercialisée sous la marque Carrefour Extra.
Les images sont particulièrement sensibles pour l’enseigne, car elles mettent directement en cause les conditions d’élevage d’un fournisseur de sa chaîne d’approvisionnement. L214 dénonce notamment l’utilisation d’un sol entièrement constitué de caillebotis en plastique et une densité d’élevage qu’elle juge incompatible avec les besoins des animaux. L’association montre également des canards présentant des blessures aux pattes ainsi que des animaux morts. Elle met enfin en cause les conditions de ramassage avant le départ vers l’abattoir, affirmant que les oiseaux sont manipulés brutalement et placés dans des caisses de transport.
Carrefour réagit immédiatement après la diffusion des images
Face à la publication de l’enquête, Carrefour a adopté une position sans ambiguïté. L’enseigne reconnaît que les images tournées chez son fournisseur Galiance montrent « des animaux en situation de souffrance » et affirme condamner toute pratique contraire aux règles de bien-être animal. Carrefour indique avoir saisi les autorités compétentes afin qu’un contrôle soit effectué et assure avoir rappelé à son fournisseur les exigences auxquelles il doit se conformer. Cette réaction rapide permet à l’enseigne de montrer qu’elle ne cherche pas à minimiser les images, tout en renvoyant désormais aux contrôles la responsabilité d’établir précisément les éventuels manquements.
Pour L214, l’enjeu dépasse toutefois ce seul élevage. L’association demande à Carrefour de retirer les produits concernés de ses rayons et réclame une réduction de moitié du nombre d’animaux tués pour ses approvisionnements d’ici 2030. Le distributeur avait déjà été ciblé par l’association en avril dernier lors d’une mobilisation consacrée aux conditions d’élevage intensif. La nouvelle enquête remet donc sur le devant de la scène la question du contrôle des fournisseurs et de la cohérence entre les engagements affichés par les grandes enseignes et les pratiques observées dans certaines exploitations. Pour Carrefour, les conclusions du contrôle seront désormais déterminantes pour mesurer l’ampleur du problème et les éventuelles mesures à prendre.

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