Le luxe immobilier ne ralentit pas. En 2025, alors que le marché traditionnel cherche encore son souffle, la demande pour les biens d’exception progresse de 9,7%. Une dynamique à contre-courant, portée non par la contrainte du crédit mais par l’envie pure, celle de l’espace, de la lumière et du changement d’horizon.
Selon l’Observatoire « Bonne fortune 2025 » publié par Green-Acres, le luxe s’affirme comme un segment largement décorrélé des tensions de financement classiques. Lorsque les moyens sont là, l’achat devient un projet de vie plus qu’un arbitrage budgétaire. Le seuil d’entrée dans le top 10% des biens les plus recherchés en France s’établit à 862 000 euros. Pour basculer dans le top 1%, il faut dépasser 3,3 millions d’euros.
Alpes-Maritimes, Var, Paris : la carte concentrée de l’ultra-luxe
La géographie du prestige reste très polarisée. Les Alpes-Maritimes concentrent à elles seules 30,5% de la demande nationale sur le segment luxe, devant le Var avec 22,4%. À eux deux, ces départements captent plus de la moitié des recherches haut de gamme.
Dans ces bastions, les seuils s’envolent. Pour appartenir au top 1% des biens les plus recherchés, il faut atteindre 7,45 millions d’euros dans les Alpes-Maritimes et 6,9 millions d’euros dans le Var. À Paris, le curseur grimpe encore plus haut : 11,7 millions d’euros pour entrer dans le cercle le plus exclusif.
Derrière ce trio, d’autres territoires jouent leur partition : Haute-Savoie, Bouches-du-Rhône, Vaucluse ou Gironde affichent des seuils compris entre 3,4 et 4,95 millions d’euros pour le top 1%. Une France du prestige structurée autour de l’attractivité internationale, du littoral méditerranéen et de quelques métropoles à forte tension.
Être “riche” à moins de 300 000 euros : l’autre France du luxe
L’étude met en lumière une autre réalité : la richesse immobilière est relative au territoire. Dans la Meuse, la Creuse ou la Mayenne, il suffit d’un budget compris entre 289 000 et 299 650 euros pour appartenir aux 10% les plus élevés. Pour atteindre le top 1%, les seuils oscillent entre 795 000 et 815 000 euros.
Autrement dit, ce qui permet d’acheter un studio dans les zones les plus tendues peut offrir une demeure de caractère avec terrain dans certains départements ruraux. Le luxe change alors de visage : davantage de surface, de foncier, parfois un patrimoine historique, pour un budget sans commune mesure avec les places les plus recherchées.
Cette logique de perspective traverse tout le rapport. La richesse ne constitue pas un statut absolu mais une position statistique liée à un marché local. Elle dépend moins d’un chiffre que d’un arbitrage géographique.
Du château à la villa vue mer : la vitrine 2025 du rêve
Parmi les biens les plus consultés figurent un château et sept résidences à Fleurac affichés à 12 millions d’euros, un domaine de 29 hectares près de Saint-Tropez proposé à 5,8 millions d’euros, ou encore une maison vue mer à Cassis à 2,3 millions d’euros. Des propriétés qui concentrent l’attention, même sans intention d’achat immédiate.
L’immobilier de luxe apparaît ainsi comme un marché à part. Il progresse quand le reste hésite, il concentre l’attention sur quelques territoires phares, et il rappelle qu’en France, le rêve immobilier peut commencer à 862 000 euros… ou à moins de 300 000 euros, selon l’endroit où l’on choisit de poser ses valises.