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Ça s’est passé un 16 octobre: en 1793, Marie-Antoinette est guillotinée à Paris, 9 mois après Louis XVI

Ça s’est passé un 16 octobre: en 1793, Marie-Antoinette est guillotinée à Paris, 9 mois après Louis XVI
Ça s’est passé un 16 octobre: en 1793, Marie-Antoinette est guillotinée à Paris, 9 mois après Louis XVI

Le 16 octobre 1793, Marie-Antoinette, ancienne reine de France, est guillotinée sur la place de la Révolution, aujourd’hui place de la Concorde, à Paris. Âgée de 37 ans, l’épouse de Louis XVI est exécutée neuf mois après son mari, décapité le 21 janvier. Sa mort intervient après un procès devant le Tribunal révolutionnaire, au terme de plus d’un an de captivité et de plusieurs semaines de détention à la Conciergerie.

De Versailles à la prison : la chute d’une reine

Née le 2 novembre 1755 à Vienne, Marie-Antoinette d’Autriche épouse le futur Louis XVI en 1770, alors qu’elle n’a que 14 ans. Devenue reine de France en 1774, elle mène une vie marquée par les fastes de Versailles, les cérémonies de la cour et les dépenses qui lui valent progressivement une profonde impopularité.

À partir des années 1780, la souveraine devient la cible de pamphlets et de caricatures particulièrement virulents. L’affaire du collier de la reine, en 1785, contribue à dégrader son image, bien qu’elle n’ait pas participé à cette escroquerie. La crise financière du royaume et la montée des tensions politiques accentuent encore l’hostilité d’une partie de la population à son égard.

Lorsque la Révolution française éclate en 1789, Marie-Antoinette se retrouve au cœur des bouleversements qui emportent progressivement la monarchie. Après les journées des 5 et 6 octobre 1789, la famille royale est contrainte de quitter Versailles pour s’installer au palais des Tuileries, à Paris.

La tentative de fuite du roi et de sa famille, arrêtée à Varennes en juin 1791, compromet définitivement la confiance entre la monarchie et une grande partie des révolutionnaires. Le 10 août 1792, après la prise des Tuileries, la famille royale est emprisonnée au Temple. La monarchie est abolie le mois suivant.

Un procès expéditif devant le Tribunal révolutionnaire

Après l’exécution de Louis XVI, le 21 janvier 1793, Marie-Antoinette demeure détenue au Temple avec ses enfants et sa belle-sœur, Madame Élisabeth. Dans la nuit du 1er au 2 août 1793, elle est transférée à la Conciergerie, prison parisienne où elle est étroitement surveillée dans l’attente de son jugement.

Son procès s’ouvre le 14 octobre devant le Tribunal révolutionnaire. L’ancienne souveraine doit notamment répondre d’accusations de correspondance avec les puissances étrangères, de dilapidation des finances publiques et de participation à des entreprises contre-révolutionnaires.

Les débats prennent une tournure particulièrement violente lorsque Jacques-René Hébert relaie une accusation d’inceste mettant en cause Marie-Antoinette et son jeune fils Louis-Charles. Face à cette accusation infondée, l’ancienne reine refuse d’abord de répondre avant de lancer : « J’en appelle à toutes les mères qui peuvent se trouver ici. » Cette intervention reste l’un des épisodes les plus célèbres de son procès.

Au terme d’une procédure menée dans un climat politique extrêmement tendu, le tribunal la reconnaît coupable de haute trahison. Dans la nuit du 15 au 16 octobre, elle est condamnée à mort, sans possibilité d’appel.

À 4h30 du matin, Marie-Antoinette écrit ses derniers adieux

Après l’annonce de sa condamnation, Marie-Antoinette rédige une longue lettre à sa belle-sœur, Madame Élisabeth, sœur de Louis XVI. Datée du 16 octobre 1793, à quatre heures et demie du matin, elle constitue l’un des derniers témoignages directs de l’ancienne reine.

Elle commence par ces mots : « C’est à vous, ma sœur, que j’écris pour la dernière fois. » Elle évoque ensuite sa condamnation, affirmant partir rejoindre son époux et espérant faire preuve de la même fermeté que lui devant la mort.

La séparation avec ses enfants occupe une place centrale dans cette lettre. Marie-Antoinette écrit notamment : « J’ai un profond regret d’abandonner mes pauvres enfants. » Sa fille Marie-Thérèse est alors âgée de 14 ans, tandis que son fils Louis-Charles n’en a que 8. Elle ignore qu’elle ne les reverra jamais.

Cette lettre ne parviendra pas à Madame Élisabeth. Celle-ci sera à son tour guillotinée le 10 mai 1794, pendant la Terreur.

Le 16 octobre 1793, une charrette conduit l’ancienne reine à l’échafaud

Dans la matinée du 16 octobre, Marie-Antoinette est préparée pour son exécution. Ses cheveux sont coupés court afin de dégager sa nuque, ses mains sont attachées et elle est conduite à travers Paris dans une charrette découverte, contrairement à Louis XVI, qui avait été transporté dans une voiture fermée.

Vêtue de blanc, elle traverse les rues sous une importante escorte militaire. Le trajet entre la Conciergerie et la place de la Révolution attire de nombreux spectateurs, venus assister à l’exécution de celle qui avait été pendant près de vingt ans reine de France.

La charrette arrive sur la place où se dresse la guillotine, à proximité de l’emplacement actuel de l’obélisque de Louxor. Vers midi et quart, Marie-Antoinette est décapitée. Elle a 37 ans et aurait célébré son 38e anniversaire dix-sept jours plus tard.

La tradition lui attribue une dernière phrase adressée au bourreau Charles-Henri Sanson, après lui avoir accidentellement marché sur le pied : « Pardonnez-moi, monsieur, je ne l’ai pas fait exprès. »

Une dépouille enterrée dans une fosse commune

Après son exécution, le corps de Marie-Antoinette est transporté au cimetière de la Madeleine, à Paris, où celui de Louis XVI avait déjà été enterré. Les deux souverains reposent alors dans des sépultures sans monument funéraire individuel, conformément au sort réservé à de nombreux condamnés exécutés pendant la Révolution.

En 1815, après le retour des Bourbons sur le trône, Louis XVIII fait transférer les restes attribués à Louis XVI et à Marie-Antoinette dans la basilique de Saint-Denis, nécropole traditionnelle des rois de France. Une chapelle expiatoire est ensuite érigée à l’emplacement de l’ancien cimetière de la Madeleine.

La mort de Marie-Antoinette demeure l’un des épisodes les plus célèbres de la Révolution française. Plus de deux siècles après son exécution, son destin continue d’occuper une place importante dans les livres d’histoire, les expositions, les films et les œuvres consacrées à la fin de l’Ancien Régime.

Le 16 octobre 2026 marque le 233e anniversaire de l’exécution de Marie-Antoinette, dernière reine de France sous l’Ancien Régime

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