Florence Porcel, première femme à avoir porté plainte contre Patrick Poivre d’Arvor et à l’origine de l’affaire judiciaire qui vise l’ancien présentateur de TF1, a raconté ce mercredi 9 septembre les conséquences très concrètes de sa prise de parole sur sa vie professionnelle. Invitée de Marc-Olivier Fogiel, elle affirme avoir subi une chute de ses revenus depuis sa plainte déposée en 2021 : « J’ai perdu 41% de mes revenus. »
Son témoignage arrive alors que l’affaire PPDA s’est considérablement élargie depuis sa première plainte. En juin dernier, 13 femmes étaient désormais parties prenantes de l’information judiciaire ouverte à Nanterre pour des accusations de viols et d’agressions sexuelles visant Patrick Poivre d’Arvor. Plus de 40 femmes se sont manifestées auprès de la justice au fil des années. L’ancien présentateur conteste les accusations portées contre lui.
Une baisse de revenus qui dure depuis 5 ans
Florence Porcel ne parle pas seulement d’une conséquence ponctuelle liée à l’exposition médiatique de son nom. Elle affirme que cette perte financière s’est installée dans la durée. Quelques mois avant son passage à l’antenne, elle expliquait déjà, après avoir effectué sa déclaration d’impôts, que son revenu fiscal de référence avait diminué de plus de 41% par rapport à ses revenus antérieurs à sa plainte, ajoutant que cette situation durait depuis cinq ans.
Pour l’autrice, ce chiffre répond directement à l’une des accusations fréquemment adressées aux femmes qui dénoncent des personnalités connues : celle de parler pour gagner de l’argent ou profiter médiatiquement de l’affaire. Dans son nouveau livre, elle revient précisément sur ces réflexes de suspicion, résumés par des phrases comme « Elle ment », « Elle exagère », « Elle fait ça pour l’argent » ou « Elle fait ça pour la gloire ».
« Une mort sociale, un suicide professionnel »
C’est tout le sujet de son nouveau livre, Parler ou se taire. Ce qu’il en coûte de s’attaquer à des hommes puissants, qui paraît cette semaine. Florence Porcel y a enquêté pendant plusieurs années auprès de femmes et d’un homme ayant dénoncé des personnalités publiques pour des violences sexistes, sexuelles ou conjugales. Elle cherche notamment à documenter ce qui se produit après le dépôt d’une plainte, lorsque l’attention médiatique retombe mais que les conséquences professionnelles, financières et personnelles demeurent.
Le constat qu’elle tire de cette enquête est particulièrement sévère. Elle décrit la prise de parole contre une personnalité puissante comme pouvant devenir « une mort sociale, un suicide professionnel et un anéantissement réputationnel » pour ceux qui accusent. Son livre rassemble notamment les expériences de personnes ayant mis en cause des personnalités issues de la télévision, du cinéma, de la politique ou des médias.
Florence Porcel à l’origine de l’affaire PPDA en 2021
Florence Porcel avait accusé Patrick Poivre d’Arvor de deux viols qu’elle situe en 2004 et en 2009. Sa plainte, rendue publique en 2021, avait été suivie par de nombreux témoignages et dépôts de plainte visant l’ancien présentateur du 20 Heures de TF1.
En décembre 2023, Patrick Poivre d’Arvor a été mis en examen pour « viol par une personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction » concernant les faits dénoncés par Florence Porcel en 2009. Pour les faits qu’elle dénonce en 2004, il avait été placé sous le statut de témoin assisté.
Depuis, la procédure judiciaire s’est étendue à plusieurs autres plaignantes. Deux nouvelles plaintes pour agressions sexuelles ont encore été déposées en 2026, portant à 13 le nombre d’accusations examinées dans le cadre de l’information judiciaire de Nanterre. Patrick Poivre d’Arvor, qui bénéficie de la présomption d’innocence, continue de contester l’ensemble des accusations de viols et d’agressions sexuelles portées contre lui.

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