Fatigue persistante, anomalies du bilan hépatique ou découverte fortuite lors d’une prise de sang : l’hépatite C peut évoluer pendant plusieurs décennies sans provoquer de symptômes évidents. Cette infection virale du foie peut pourtant entraîner une cirrhose et augmenter le risque de cancer hépatique. La bonne nouvelle est qu’il existe aujourd’hui des traitements capables de guérir la très grande majorité des patients.
L’hépatite C est une infection provoquée par un virus qui se transmet principalement par contact avec du sang contaminé. Elle peut notamment être contractée lors du partage de matériel d’injection de drogues, d’actes médicaux réalisés avec du matériel insuffisamment stérilisé ou, plus rarement, dans certaines autres situations impliquant une exposition au sang. Contrairement à l’hépatite B, elle ne dispose pas actuellement d’un vaccin. Après l’infection, une partie des personnes élimine spontanément le virus, mais chez beaucoup d’autres, celui-ci persiste et provoque une inflammation chronique du foie. Cette infection peut rester longtemps discrète alors même que des lésions hépatiques se développent progressivement.
Une maladie souvent découverte par hasard
La majorité des personnes atteintes d’une hépatite C chronique ne présentent pas de symptômes caractéristiques pendant de nombreuses années. Une fatigue persistante peut parfois apparaître, mais elle est trop fréquente pour permettre d’identifier à elle seule la maladie. Dans certains cas, une élévation des enzymes du foie lors d’une prise de sang conduit à rechercher une infection virale. Lorsque les lésions deviennent plus importantes, une cirrhose peut se développer et provoquer des complications comme une accumulation de liquide dans l’abdomen, une jaunisse ou des hémorragies digestives. Le risque de cancer du foie augmente également chez les personnes ayant développé une cirrhose.
Le dépistage repose sur une prise de sang recherchant les anticorps dirigés contre le virus de l’hépatite C. Un résultat positif signifie que l’organisme a été en contact avec le virus, mais ne permet pas à lui seul de savoir si l’infection est toujours active. Une recherche de l’ARN viral est donc nécessaire pour confirmer la présence du virus dans le sang. Les médecins évaluent également l’état du foie afin de déterminer si une fibrose ou une cirrhose s’est développée. Des examens non invasifs, notamment l’élastographie hépatique, permettent aujourd’hui d’estimer l’importance des lésions sans recourir systématiquement à une biopsie.
Des traitements capables de guérir plus de 95 % des patients
La prise en charge de l’hépatite C a connu une véritable révolution avec l’arrivée des antiviraux à action directe. Ces médicaments, généralement administrés par voie orale pendant huit à douze semaines selon les situations, permettent d’éliminer durablement le virus chez plus de 95 % des patients traités. Ils sont beaucoup mieux tolérés que les anciens traitements à base d’interféron, qui nécessitaient des prises en charge plus longues et provoquaient fréquemment des effets indésirables importants. La guérison est confirmée lorsque l’ARN viral reste indétectable après la fin du traitement.
Éliminer le virus permet de stopper l’agression virale du foie et de réduire considérablement le risque de complications à long terme. Toutefois, lorsqu’une cirrhose est déjà présente, la guérison virologique ne fait pas disparaître immédiatement tous les risques. Une surveillance spécialisée reste notamment nécessaire pour dépister un éventuel cancer du foie. Il faut également rappeler qu’une personne guérie peut être infectée de nouveau si elle est à nouveau exposée au virus, car la guérison ne confère pas une immunité protectrice.
L’hépatite C illustre les progrès considérables réalisés dans le traitement de certaines infections chroniques. Une maladie qui pouvait autrefois évoluer pendant des décennies et provoquer des complications graves peut aujourd’hui être guérie dans la grande majorité des cas grâce à quelques semaines de traitement. Le principal défi reste donc d’identifier les personnes infectées qui ignorent leur statut. Un dépistage adapté aux facteurs de risque et aux antécédents permet de découvrir une infection silencieuse avant que le foie ne subisse des dommages importants.

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