L’Église catholique du Panama a enregistré 37 plaintes pour violences sexuelles visant des membres du clergé entre 2001 et 2025. Les faits dénoncés concernent des mineurs ainsi que d’autres personnes considérées comme vulnérables. Ces chiffres apparaissent dans un rapport commandé par l’institution elle-même et réalisé conjointement par l’Université Villanueva, en Espagne, et l’Université Notre-Dame, aux États-Unis. L’objectif était notamment d’examiner la manière dont l’Église panaméenne avait traité les signalements au cours des deux dernières décennies.
Lors de la présentation du rapport, l’archevêque de Panama, José Domingo Ulloa, a renouvelé les excuses déjà adressées aux victimes en 2023. Cinq membres du clergé ont été expulsés de l’Église à la suite des accusations recensées. Le document ne conclut pas à l’existence d’une stratégie organisée visant à dissimuler les violences, mais il pointe plusieurs défaillances dans la gestion des plaintes et dans les réponses apportées aux personnes ayant signalé des faits.
Un bilan qui pourrait être inférieur à la réalité
Les auteurs du rapport préviennent toutefois que les 37 plaintes recensées ne correspondent pas nécessairement à l’ensemble des violences effectivement commises. Comme dans de nombreux dossiers similaires, certaines victimes peuvent ne jamais avoir signalé les faits, tandis que d’autres témoignages peuvent ne pas avoir été conservés ou avoir été recueillis en dehors des structures étudiées. Le chiffre doit donc être interprété comme le nombre de cas documentés par l’enquête, et non comme un bilan exhaustif.
Une publication qui intervient alors que l’Église catholique reste confrontée, dans plusieurs pays, aux conséquences de scandales de violences sexuelles ayant profondément entamé sa crédibilité. Le sujet reste également très sensible en France, où plusieurs affaires ont récemment remis la question de la responsabilité des institutions catholiques au premier plan. La visite du pape Léon XIV sera particulièrement observée sur ce terrain, notamment avec la rencontre annoncée de victimes à Lourdes. Au Panama, la publication du rapport marque une étape supplémentaire dans la reconnaissance des faits, mais laisse ouverte la question de l’ampleur réelle des violences et de la capacité de l’institution à prévenir de nouveaux abus.

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