Deux journalistes de BFMTV ont été agressées dimanche à Paris alors qu’elles couvraient la manifestation contre la proposition de loi instaurant une présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre. La chaîne indique que ses deux journalistes ont été « violemment prises à partie et menacées verbalement » et qu’elles ont dû être exfiltrées du rassemblement pour des raisons de sécurité.
BFMTV ne donne pour l’instant aucun détail sur l’identité des personnes impliquées ni sur les circonstances précises de l’agression. Aucun élément public ne permet donc d’attribuer ces faits à un parti ou à une organisation politique. L’incident arrive toutefois quelques jours après la fin du boycott de BFMTV par La France insoumise, maintenu uniquement concernant l’émission 100% Mabrouk.
BFMTV dénonce des intimidations « inadmissibles »
Dans un communiqué publié dimanche soir, la direction de BFMTV apporte son soutien aux deux journalistes et condamne fermement les faits. Elle déclare : « La direction de BFMTV tient tout d’abord à exprimer son soutien à ses journalistes visées par cet acte intolérable et dénonce avec la plus grande fermeté ces intimidations inadmissibles. »
La chaîne affirme que l’incident ne modifiera pas le travail de ses équipes sur le terrain : « Ces actes n’entraveront pas la liberté d’informer des journalistes de la rédaction qui continueront à assurer leurs missions. » Le groupe RMC BFM assure également apporter « un soutien sans faille à ses équipes ».
La direction se réserve le droit d’engager des poursuites
BFMTV envisage désormais une réponse judiciaire. Dans son communiqué, la chaîne précise qu’elle se réserve « le droit d’engager les mesures judiciaires appropriées » et assure qu’elle ne laissera pas « ce type de comportements se perpétuer ». Aucune information n’a été communiquée à ce stade sur un éventuel dépôt de plainte ou sur l’identification des personnes ayant pris les deux journalistes à partie.
L’agression s’est déroulée pendant une importante mobilisation organisée contre la proposition de loi relative à l’usage des armes par les forces de l’ordre. Adopté par l’Assemblée nationale le 7 juillet 2026, le texte prévoit que policiers et gendarmes soient présumés avoir agi dans le respect de la loi lorsqu’ils font usage de leurs armes. Il doit encore être examiné par le Sénat.
21 000 manifestants à Paris, près de 50 000 dans toute la France
La préfecture de police a comptabilisé 21 000 manifestants à Paris. Près de 50 000 personnes ont participé aux différentes mobilisations organisées en France, notamment à Marseille, Lyon et Toulouse. Plus de 150 organisations avaient appelé à manifester, parmi lesquelles des associations de défense des droits humains, des collectifs, le Syndicat de la magistrature ainsi que plusieurs partis de gauche, dont le PS, Les Écologistes et La France insoumise.
De nombreux sympathisants de LFI étaient présents dans le cortège parisien. Avant le départ de la manifestation, Mathilde Panot avait déclaré : « Nous devons faire échouer cette loi », estimant qu’elle ne devait pas être inscrite à l’ordre du jour du Sénat. Des tensions ont également été signalées à Paris, notamment aux abords de la place de la Nation.
Une nouvelle tension autour de BFMTV
Cette agression a lieu alors que BFMTV a récemment traversé une période de fortes tensions avec La France insoumise. Le mouvement avait annoncé le boycott de la chaîne avant de revenir sur cette décision le 16 septembre, tout en continuant à refuser de participer à 100% Mabrouk, dont il critique la ligne éditoriale.
Aucun lien n’est cependant établi entre ce conflit politique et l’agression de dimanche. Les faits communiqués par BFMTV sont, à ce stade, précis sur un point : deux journalistes ont été prises à partie et menacées verbalement pendant qu’elles couvraient la manifestation, avant d’être exfiltrées pour leur sécurité. La direction de la chaîne envisage désormais de donner une suite judiciaire à l’affaire.
