Invitée ce lundi matin du « Face-à-Face » de BFMTV-RMC, Sarah Knafo a défendu une ligne économique radicalement différente de celle du gouvernement. La députée européenne Reconquête refuse toute nouvelle hausse d’impôts et affirme pouvoir réaliser 130 milliards d’euros d’économies en agissant d’abord sur les dépenses publiques. Fonction publique, retraites, carburants : elle a détaillé plusieurs propositions destinées, selon elle, à réduire le poids de l’État sans appauvrir les Français.
800 000 fonctionnaires en moins sans licenciement
Sarah Knafo propose notamment de réduire de 800 000 le nombre de fonctionnaires, une mesure qui permettrait selon ses calculs d’économiser 40 milliards d’euros par an. Elle assure que cette diminution pourrait intervenir « sans une seule lettre de licenciement », en profitant des départs naturels de l’administration et en ne remplaçant pas une partie des agents quittant leur poste. Elle avance le chiffre de 470 000 départs annuels, entre retraites, démissions et changements de carrière.
Une méthode qui s’inscrit dans un plan plus large de 130 milliards d’euros d’économies présenté dans son livre. Sarah Knafo mise également sur les gains de productivité permis par l’intelligence artificielle dans les administrations. Elle cite notamment des travaux de l’IGF et de l’IGAS estimant que plusieurs milliards d’euros pourraient ainsi être économisés.
Retraites, carburants : « personne ne paye davantage »
La députée européenne refuse parallèlement que le prochain budget repose sur de nouveaux efforts demandés aux contribuables. « Dans ma philosophie, personne ne paye davantage », affirme-t-elle, accusant le gouvernement de vouloir « taper dans toutes les poches » faute de parvenir à réduire suffisamment les dépenses. Elle critique notamment l’hypothèse d’une non-indexation des pensions et défend à terme le passage du système de retraite par répartition à un système par capitalisation. « Ce que je propose, ce n’est pas un plan d’austérité. C’est un plan d’enrichissement », résume-t-elle.
Sur les carburants, Sarah Knafo propose de diminuer d’un tiers l’accise afin de réduire directement le prix payé à la pompe. Elle refuse en revanche de répondre à la flambée des prix en taxant davantage TotalEnergies ou les grandes entreprises, estimant qu’une telle politique risquerait de faire partir davantage de capacités de raffinage hors de France. Alors que Fabien Roussel appelle à retourner sur les ronds-points, l’eurodéputée dit soutenir « toutes les initiatives de colère », mais juge « stérile » qu’un responsable politique se contente de manifester avec les Français : « Le rôle des politiques est de dire comment on règle, un à un, les problèmes des Français. »

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