Le chancelier allemand Friedrich Merz a affirmé lundi sa volonté de maintenir sa coalition au pouvoir malgré des résultats catastrophiques pour son parti lors de deux scrutins régionaux dominicaux, où l’AfD d’extrême droite a réalisé de nouvelles percées significatives.
Friedrich Merz ne lâche pas. Réuni face à la presse lundi, le chancelier allemand a réaffirmé sa détermination à préserver la coalition gouvernementale entre son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), et le Parti social-démocrate (SPD). « Nous sommes résolus à être à la hauteur des défis historiques auxquels notre pays est confronté », a-t-il déclaré, alors que les résultats de dimanche ont sévèrement fragilisé sa position.
Les élections régionales du week-end ont infligé deux coups durs successifs à la CDU. En Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, dans le nord-est du pays, le parti du chancelier n’a pas atteint le seuil de 5 % requis pour siéger au parlement régional, un résultat que Merz lui-même avait qualifié de « désastre » dès dimanche soir. L’Alternative pour l’Allemagne (AfD) y a remporté le plus grand nombre de voix, sans toutefois obtenir de majorité absolue. À Berlin, la CDU est arrivée deuxième, derrière Die Linke, la formation de gauche radicale conduite par Elif Eralp, qui pourrait désormais prendre la tête d’une coalition dans la capitale.
Ce double revers survient deux semaines après que la CDU a vu son score divisé par deux en Saxe-Anhalt, où l’AfD avait déjà remporté une victoire marquante. Merz a reconnu lundi que le résultat en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale constituait « un tournant profond » et « un résultat dramatique, sans précédent pour la CDU en Allemagne ». Il a cependant refusé d’endosser seul la responsabilité de ces défaites : « Je sais que j’ai personnellement joué un rôle dans ces élections régionales, mais les raisons de ces résultats vont bien au-delà de ma seule personne. »
Le chancelier, au pouvoir depuis seize mois seulement, fait face à des rumeurs persistantes d’un éventuel remplacement en cours de mandat, alimentées par ses faibles cotes de popularité. La coprésidente de l’AfD, Alice Weidel, a estimé lundi matin que son départ était imminent. Merz a indiqué qu’aucune discussion sur son avenir à la tête du gouvernement n’avait eu lieu depuis l’annonce des résultats.
L’AfD, dont certaines branches sont classées comme extrémistes par les services de renseignement intérieurs allemands, une désignation que le parti conteste vigoureusement, continue de progresser dans les anciens Länder de l’Est. Son programme anti-immigration, nationaliste et favorable à un rapprochement avec Moscou y trouve un écho croissant. Malgré sa victoire en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, le parti devrait rester dans l’opposition, les autres formations refusant de gouverner avec lui.
À Berlin, la victoire de Die Linke ouvre la voie à une recomposition politique inédite dans la capitale. Elif Eralp, qui a mené la campagne sur la crise du logement, a promis de s’attaquer aux loyers jugés inaccessibles et avait annoncé pendant la campagne son intention d’exproprier plus de 200 000 logements détenus par des propriétaires privés. Merz a d’ores et déjà annoncé qu’il entendait légiférer pour bloquer de telles mesures, invoquant leur impact négatif sur l’investissement étranger.
Au-delà des résultats eux-mêmes, le chancelier a choisi de replacer ces scrutins dans une perspective plus large : « Nous assistons à une transformation profonde du système partisan allemand, comme cela se produit dans de nombreux autres pays à travers le monde. » Une lecture qui, si elle relativise la portée de sa propre responsabilité, ne dissipe pas les interrogations sur la capacité de la coalition à tenir jusqu’au terme de la législature.

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