Les ministres du Commerce du G20 se retrouvent ce mercredi 30 septembre à Milwaukee, dans le Wisconsin, pour deux jours de discussions largement dominées par la politique commerciale américaine. La réunion intervient dans un climat tendu, marqué par les droits de douane imposés ou maintenus par l’administration de Donald Trump et par les critiques de plusieurs partenaires des États-Unis. Washington entend profiter de ce rendez-vous pour défendre sa vision d’un commerce mondial jugé plus « réciproque » et mieux protégé contre les pratiques considérées comme déloyales.
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, doit présider les échanges. L’ordre du jour officiel prévoit notamment des discussions sur le travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement, la réforme du principe de la nation la plus favorisée, les surcapacités industrielles et l’utilisation du commerce alimentaire comme instrument de pression. Washington veut également mettre en avant sa politique de réindustrialisation, avec une visite prévue chez Rockwell Automation aux côtés des autres ministres du G20.
Une réunion dominée par les tensions commerciales
Derrière ces thèmes techniques, la question des droits de douane devrait occuper une place centrale. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a fait du protectionnisme l’un des piliers de sa politique économique. Les États-Unis ont multiplié les mesures visant certains secteurs et plusieurs partenaires commerciaux, au nom de la défense de l’industrie américaine, de la lutte contre le travail forcé ou encore de la correction de déséquilibres commerciaux jugés excessifs. Le Canada, la Chine, l’Union européenne et d’autres grandes économies ont régulièrement contesté cette stratégie ou ses conséquences.
Washington assume cependant pleinement cette orientation. Jamieson Greer présente la politique commerciale américaine comme un moyen de « rééquilibrer » les échanges et de protéger les entreprises et les travailleurs américains. Le gouvernement américain affirme également vouloir lutter contre les surcapacités industrielles structurelles, sujet qui vise en premier lieu la Chine mais qui concerne aussi les relations avec plusieurs autres grandes puissances exportatrices.
La question du travail forcé occupe également une place importante dans la stratégie américaine. Mi-septembre, l’administration Trump avait réuni plus de cinquante partenaires commerciaux afin de promouvoir l’interdiction des importations issues du travail forcé. Selon l’USTR, plusieurs économies, dont l’Union européenne, le Canada et l’Inde, ont récemment renforcé leur arsenal dans ce domaine.
Cette réunion de Milwaukee s’annonce donc davantage comme un test de dialogue que comme un sommet susceptible de déboucher immédiatement sur un compromis majeur. Les divergences restent profondes entre les États-Unis et plusieurs membres du G20 sur la manière de réguler le commerce mondial. Le programme prévoit une première session ce mercredi, puis une journée complète de réunions jeudi 1er octobre, avant une conférence de presse de Jamieson Greer.

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