La guerre pour le contrôle de Miss Universe est désormais totale. Alors que Raúl Rocha Cantú a signé la vente de la société qui porte indirectement ses 50% de Miss Universe et déjà encaissé 9 millions de dollars, son équipe vient de lancer une offensive désespérée pour faire croire qu’elle a encore le pouvoir. Un nouveau site, missuniverseorg.com, a été créé en pleine bataille pour la gouvernance de l’organisation. Le 14 août, le clan Rocha y a publié un long communiqué affirmant que l’ancien site officiel, missuniverse.com, ainsi que plusieurs comptes historiques de Miss Universe, ne seraient plus contrôlés par une direction légitime. Dans le même texte, l’équipe Rocha tente de désavouer Nawat Itsaragrisil, Monil Hathi, Pavan Misra ainsi que les personnes associées aux changements capitalistiques actuellement en cours. Mais le communiqué évite soigneusement un sujet beaucoup plus embarrassant : la vente signée par Rocha lui-même et les 9 millions de dollars qu’il a déjà perçus.
Deux sites revendiquent désormais Miss Universe
Le clan Rocha demande désormais aux partenaires de considérer missuniverseorg.com comme son seul canal officiel. Problème : missuniverse.com affirme exactement l’inverse. Le site historique de l’organisation a déclaré le 10 août être le seul véritable site de Miss Universe et demande lui aussi aux partenaires d’ignorer les communications concurrentes. Miss Universe se retrouve donc avec deux camps qui revendiquent simultanément la légitimité de l’organisation. Cette guerre numérique arrive surtout à un moment très particulier : Rocha est engagé depuis des mois dans une transaction qui doit aboutir à sa sortie du capital.
Rocha tente de réduire Nawat au rang de simple directeur national
Le communiqué du 14 août attaque directement Nawat Itsaragrisil. Selon l’équipe Rocha, le dirigeant thaïlandais n’aurait aucun pouvoir international au sein de Miss Universe. Son seul rôle serait celui de directeur national bénéficiant d’une licence locale. Le clan Rocha annonce même examiner les conditions dans lesquelles cette licence lui a été accordée. Une présentation fausse et frontalement contredite par missuniverse.com. Le site historique présente désormais Nawat comme Chief Executive Officer de Miss Universe Eastern, avec un périmètre couvrant 95 pays, et a expressément contesté les déclarations le réduisant au statut de simple détenteur de licence nationale. Le message du clan Rocha est donc limpide : au moment où Nawat prend de plus en plus de poids, Rocha tente de nier son autorité.
Le détail que le communiqué oublie : Rocha a lui-même vendu Miss Universe
Cette posture pose une question : pourquoi Raúl Rocha présente-t-il aujourd’hui les futurs acteurs de Miss Universe comme des intrus alors qu’il a lui-même signé la vente de ses propres intérêts ? Comme Entrevue l’a révélé dans son enquête sur la vente de Miss Universe, Rocha a signé le 25 septembre 2025 avec la société malaisienne Tema Inovasi Sdn. Bhd. un contrat portant sur 100% de Legacy Holding Group USA, société qui détient indirectement sa participation de 50% dans Miss Universe. Le prix total fixé est de 25 millions de dollars : 9 millions pour une première tranche de 40%, puis 16 millions pour les 60% restants. Une fois l’opération entièrement exécutée, Rocha doit donc avoir vendu la totalité de Legacy USA et ne plus contrôler, par son intermédiaire, ses 50% de Miss Universe.
Les 9 millions sont déjà partis sur le compte de Rocha
Et il ne s’agit pas d’un simple projet de vente resté dans un tiroir. Le document judiciaire de la Court of Chancery du Delaware confirme que Tema a versé 9 millions de dollars pour la première tranche de 40%. Le paiement a été effectué dès septembre 2025. Mais les actions correspondantes n’ont pas suivi. Le dossier judiciaire rappelle explicitement que Tema a payé les 9 millions de dollars, tandis que Rocha n’avait pas transféré les 40% correspondants. Tema a ensuite engagé un arbitrage puis une procédure devant la justice du Delaware. Rocha a encaissé le prix de la première partie de la vente, mais tente aujourd’hui de présenter la nouvelle organisation capitalistique comme contestable, voire illégitime.
Pourquoi donc Rocha chercherait-il à gagner du temps ?
Le dossier judiciaire permet d’établir la vente, le paiement et le conflit concernant les actions. En revanche, on peut se demander pourquoi Rocha cherche à conserver le contrôle aussi longtemps. Une hypothèse tient al route : Entrevue révélait le 14 août que le père de Fátima Bosch aurait demandé à Raúl Rocha de retarder ou bloquer le transfert des actions afin d’empêcher Nawat de prendre la présidence avant la prochaine édition de Miss Universe à Porto Rico. Une information qui explique l’acharnement incompréhensible de Raúl Rocha à faire croire qu’il est toujours aux commandes.
Fátima Bosch pourrait être au cœur de la bataille
Fátima Bosch, Miss Universe 2025, reste en effet extrêmement liée politiquement à l’ère Rocha. Raúl Rocha a été l’un de ses principaux soutiens, tandis que Nawat est devenu l’un de ses adversaires les plus virulents. Entrevue a notamment rappelé les déclarations extrêmement dures du dirigeant thaïlandais contre la Mexicaine et les accusations qui continuent d’entourer son élection. La prochaine élection de Miss Universe doit avoir lieu en novembre 2026 à Porto Rico, où Fátima Bosch doit normalement remettre sa couronne. Dès lors, une question se pose : Rocha cherche-t-il à conserver le contrôle jusqu’à cette échéance afin de garantir que Fátima Bosch termine son mandat sans être destituée ? C’est fort probable ! Avec un calendrier en tête pour Raúl Rocha : tenir encore quelques mois, empêcher Nawat de disposer du pouvoir nécessaire pour remettre en cause Fátima Bosch, puis laisser la transition s’effectuer après l’élection de la prochaine Miss Universe.
Nawat représente précisément ce que Rocha semble vouloir retarder
Cette hypothèse permet également de mieux comprendre pourquoi le nouveau communiqué attaque aussi violemment Nawat. Le clan Rocha ne se contente pas de discuter son périmètre de compétence. Il tente pratiquement d’effacer son nouveau statut international en affirmant qu’il n’est qu’un directeur national. Or missuniverse.com le présente désormais comme CEO de Miss Universe Eastern pour 95 pays. Si Rocha perd effectivement ses actions et son influence, Nawat pourrait devenir l’un des hommes les plus puissants de la nouvelle structure. Pour Fátima Bosch, ce changement pourrait être particulièrement dangereux compte tenu de l’hostilité publique du Thaïlandais à son égard.
Le clan Rocha attaque les nouveaux dirigeants mais passe sous silence ses propres 9 millions
Le communiqué tente également de désavouer Monil Hathi et Pavan Misra et conteste plusieurs actes réalisés au nom de Miss Universe. Problème, et c’est juridiquement prouvé : Raúl Rocha a signé une vente de 25 millions de dollars. Il a déjà reçu 9 millions. Tema réclame depuis des mois les actions correspondant à ce paiement, et ses propres avocats ont discuté devant la justice américaine du transfert des 40% déjà payés et des 60% restant à céder contre les 16 millions de dollars prévus. La vente de Miss Universe n’est donc pas une invention de ses adversaires.
Une course contre la montre jusqu’à Porto Rico ?
Raúl Rocha semble vouloir démontrer qu’il contrôle encore Miss Universe alors même qu’un contrat prévoit sa sortie du capital et qu’une première partie du prix se trouve déjà dans ses mains. Pourquoi cette résistance ? Peut-être pour conserver une influence économique et institutionnelle aussi longtemps que possible. Peut-être en raison des procédures en cours. Et peut-être aussi certainement pour tenir jusqu’à Porto Rico et protéger Fátima Bosch jusqu’au dernier jour de son règne.
Une hypothèse crédible qui permettrait de comprendre pourquoi Rocha semble aujourd’hui vouloir gagner du temps, délégitimer Nawat et maintenir l’apparence d’un pouvoir intact alors qu’il a déjà signé les documents organisant sa propre sortie. Un communiqué peut contester un organigramme. Un nouveau site peut revendiquer le titre de plateforme officielle. Il est beaucoup plus difficile d’effacer un contrat de vente, une procédure judiciaire et 9 millions de dollars déjà encaissés…
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