Au 2 septembre 2026, les dernières données françaises détaillées disponibles ne montrent pas encore une explosion des achats. Au premier trimestre, 3 021 motos et scooters électriques neufs ont été immatriculés en France, soit un recul de 22,8 % par rapport à la même période de 2025. Ce total réunit toutefois plusieurs catégories de deux-roues électriques et ne permet pas d’isoler parfaitement les seuls scooters.
Cette baisse doit être nuancée : les immatriculations avaient reculé de 45 % en janvier et de 36,7 % en février, avant de rebondir de 21 % sur un an en mars. Le début de l’année 2025 avait également été artificiellement soutenu par l’immatriculation de commandes encore éligibles au bonus écologique supprimé fin 2024. La comparaison annuelle donne donc une image plus sévère que la dynamique réelle.
Une nouvelle hype dans les grandes villes
Dans les métropoles, le scooter électrique bénéficie néanmoins d’une visibilité grandissante. Son fonctionnement silencieux, son coût d’utilisation réduit et l’absence d’émissions à l’échappement séduisent les actifs effectuant de courts trajets quotidiens. Les batteries amovibles, la recharge sur une prise domestique et les applications permettant de localiser ou de verrouiller le véhicule rendent également les nouveaux modèles plus pratiques.
La multiplication des marques et des modèles alimente cette nouvelle hype. Easy Watts dominait le marché électrique français au premier trimestre avec 275 immatriculations, devant Stark avec 261 et Vmoto avec 246. Talaria atteignait 226 unités, tandis que Niu en totalisait 158. BMW, Pink, Silence et Yamaha figuraient également parmi les acteurs les plus immatriculés, preuve que le secteur attire aussi bien des spécialistes que des constructeurs historiques.
Un marché de niche qui cherche encore son décollage
Le contraste reste important avec le marché général des motos et scooters. Toutes motorisations confondues, 101 595 deux-roues neufs ont été immatriculés au premier semestre 2026, en hausse de 6,3 % sur un an. Les 3 021 immatriculations électriques recensées au seul premier trimestre montrent que cette motorisation demeure minoritaire malgré son image moderne et sa présence croissante dans les centres urbains.
Le prix d’achat, l’autonomie, l’accès à la recharge et la disparition des aides nationales continuent de freiner de nombreux particuliers. Le scooter électrique peut donc être considéré comme une nouvelle tendance urbaine, mais pas encore comme un raz-de-marée commercial. Son véritable décollage dépendra désormais de modèles plus accessibles, d’un marché de l’occasion mieux structuré et de batteries capables de rassurer les utilisateurs sur l’autonomie et la durée de vie.

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