La victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche sociale-démocrate, dimanche 11 octobre, a provoqué une réaction inattendue de Valérie Trierweiler. L’ancienne compagne de François Hollande a adressé un message de soutien à Léa Salamé, contrainte de prolonger son retrait du journal de 20 heures de France 2 pendant la campagne présidentielle de son compagnon. Une situation que Valérie Trierweiler connaît personnellement, pour avoir elle-même dû aménager sa carrière de journaliste lorsque François Hollande était candidat à l’Élysée en 2012.
« Pensées pour Léa Salamé » : le message de Valérie Trierweiler
Raphaël Glucksmann a remporté la primaire de la gauche sociale-démocrate dès le premier tour avec 66,17% des suffrages, très loin devant Olivier Faure, crédité de 14,5%. Le président de Place publique devient ainsi le candidat de ce courant politique à l’élection présidentielle de 2027.
Peu après l’annonce des résultats, Valérie Trierweiler a publié sur X un message particulièrement bref : « Pensées pour Léa Salamé. » Interrogée sur le sens de cette publication, l’ancienne compagne de François Hollande a ensuite développé son propos en évoquant les sacrifices imposés à la journaliste par la candidature de Raphaël Glucksmann : « C’est la bonne question. Elle doit renoncer, en grande partie, à sa carrière professionnelle, la présentation du 20 heures. Et, en partie, à sa vie personnelle. Une campagne présidentielle est une lessiveuse. C’est violent. »
Un message de solidarité de la part d’une femme qui a connu les contraintes d’une campagne présidentielle aux côtés d’un candidat et les difficultés de concilier cette exposition politique avec le métier de journaliste.
Léa Salamé privée du 20 heures jusqu’à la fin de la candidature de Glucksmann
La victoire de Raphaël Glucksmann a une conséquence immédiate pour sa compagne : son retour à la présentation du journal de 20 heures de France 2 est repoussé. Léa Salamé avait annoncé son retrait du JT le 23 août dernier, après l’officialisation de la candidature de Raphaël Glucksmann à la présidentielle.
La journaliste avait pris cette décision pour éviter tout conflit d’intérêts et préserver l’indépendance éditoriale de France Télévisions. Elle avait auparavant pris l’engagement de se retirer immédiatement de la présentation du journal si son compagnon entrait dans la course à l’Élysée.
Le 14 septembre, Léa Salamé avait expliqué sur RTL qu’elle souhaitait retrouver le 20 heures dès que Raphaël Glucksmann ne serait plus candidat. Elle avait notamment reconnu conserver « un goût d’inachevé » après son départ, moins d’un an après avoir succédé à Anne-Sophie Lapix.
La journaliste avait également expliqué avoir voulu protéger l’ensemble de ses collègues : « Je voulais protéger ma rédaction et les 400 journalistes. » Elle avait insisté sur le caractère personnel de sa décision, prise après de longues discussions avec son compagnon.
Avec la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire, son absence pourrait désormais se prolonger jusqu’à l’élection présidentielle, dont les 2 tours sont prévus les 18 avril et 2 mai 2027. Son éventuel retour dépendra de la fin de la candidature de son compagnon et des décisions de la direction de France Télévisions.
Valérie Trierweiler avait elle aussi sacrifié une partie de sa carrière en 2012
Les propos de Valérie Trierweiler prennent une dimension particulière au regard de son propre parcours. Journaliste politique à Paris Match et sur Direct 8, elle partageait la vie de François Hollande lorsque celui-ci s’est engagé dans la primaire socialiste de 2011, avant de remporter l’élection présidentielle de 2012.
À cette époque, elle avait dû abandonner la présentation de son émission politique 2012, portraits de campagne, diffusée sur Direct 8. Elle avait néanmoins poursuivi certaines activités journalistiques en dehors du champ politique, avant de devenir la compagne du président de la République.
Valérie Trierweiler avait également subi une exposition médiatique considérable durant la présidence de François Hollande. Leur séparation, annoncée en janvier 2014, avait été précédée par les révélations concernant la relation du chef de l’État avec Julie Gayet. Elle avait ensuite raconté son expérience à l’Élysée dans son livre Merci pour ce moment, publié en septembre 2014.
Son message à Léa Salamé fait donc directement écho à une période de sa propre vie durant laquelle son activité professionnelle et son intimité avaient été profondément affectées par la carrière politique de son compagnon.
Une indépendance professionnelle que Léa Salamé revendique depuis plusieurs années
La relation entre Léa Salamé et Raphaël Glucksmann a régulièrement alimenté les interrogations concernant l’indépendance de la journaliste. Lors de sa nomination à la tête du 20 heures de France 2 en 2025, la possibilité d’une candidature présidentielle de son compagnon avait déjà suscité des débats.
Raphaël Glucksmann avait lui-même défendu l’indépendance professionnelle de Léa Salamé en déclarant : « Elle, c’est elle, et moi, c’est moi ! » La journaliste avait de son côté assuré qu’elle ne laisserait jamais sa vie privée compromettre ses obligations professionnelles.
Son retrait du journal télévisé a concrétisé cet engagement. Elle avait d’ailleurs déjà cessé de traiter directement l’actualité politique lors de précédentes campagnes électorales auxquelles participait son compagnon.
Alors que Raphaël Glucksmann se prépare désormais à affronter les autres candidats à la présidentielle de 2027, Léa Salamé doit patienter avant de pouvoir retrouver le fauteuil du 20 heures. C’est à cette situation personnelle et professionnelle que Valérie Trierweiler a choisi de réagir, avec quelques mots de soutien et un avertissement tiré de sa propre expérience : « Une campagne présidentielle est une lessiveuse. C’est violent. »

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