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Trappes: Macron affirme que c’est la première fois que des Français sont visés pour leur religion ou leur couleur de peau, niant les crimes de Mohamed Merah, de l’Hyper Cacher et les autres attentats terroristes

Attentat de Trappes: Macron affirme que c’est la première fois que des Français sont visés pour leur religion ou leur couleur de peau, niant les crimes de Mohamed Merah, de l’Hyper Cacher et les autres attentats terroristes
Attentat de Trappes: Macron affirme que c’est la première fois que des Français sont visés pour leur religion ou leur couleur de peau, niant les crimes de Mohamed Merah, de l’Hyper Cacher et les autres attentats terroristes

En affirmant vendredi 23 octobre, après l’attentat de Trappes, que la France connaissait pour la première fois un acte terroriste planifié visant des personnes en raison de leur couleur de peau ou de leur religion, Emmanuel Macron a tenu des propos historiquement faux. Une déclaration scandaleuse de la part du président de la République, qui revient à effacer de l’histoire les enfants juifs assassinés par Mohamed Merah, les quatre victimes de l’Hyper Cacher, le père Jacques Hamel ou encore les trois personnes tuées dans la basilique de Nice. Comment le chef de l’État peut-il oublier des crimes aussi tragiques, dont certains ont été commémorés en sa présence ? Face à l’indignation, l’Élysée a tenté de justifier ses paroles, avant qu’Emmanuel Macron soit contraint de reconnaître lui-même l’existence de ces précédents.

Macron parle d’une « première fois » : une contre-vérité historique stupéfiante

Vendredi 23 octobre, Emmanuel Macron s’est rendu à Trappes, dans les Yvelines, après l’attaque terroriste raciste qui a fait un mort et cinq blessés. Un homme de 39 ans avait ouvert le feu à plusieurs reprises depuis son véhicule, à Trappes et à La Verrière, avant d’être interpellé.

Devant les caméras, le président de la République a déclaré : « C’est un tournant parce que c’est la première fois qu’il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, à raison de leur couleur de peau ou de la religion qu’on leur donne. »

Cette affirmation est tout simplement fausse. Et venant d’un président de la République, elle est particulièrement choquante. La France a déjà connu des attentats soigneusement préparés, dont les victimes ont été choisies précisément en raison de leur appartenance religieuse.

Emmanuel Macron dirige le pays depuis 2017. Il a participé à des commémorations nationales, rendu hommage aux victimes du terrorisme et prononcé de nombreux discours sur l’antisémitisme et la haine religieuse. Il ne peut donc pas ignorer ces précédents.

En voulant présenter l’attaque de Trappes comme un événement inédit, le chef de l’État a prononcé une phrase qui nie la réalité de plusieurs crimes terroristes parfaitement documentés.

Mohamed Merah : trois enfants juifs assassinés parce qu’ils étaient juifs. Le président l’aurait-il oublié ?

Le 19 mars 2012, Mohamed Merah a attaqué l’école juive Ozar Hatorah, à Toulouse. Il a assassiné Jonathan Sandler, professeur de 30 ans, ses deux fils Gabriel, 3 ans, et Arié, 6 ans, ainsi que Myriam Monsonego, 8 ans, fille du directeur de l’établissement.

Ces trois enfants ont été assassinés parce qu’ils étaient juifs. Leur meurtrier avait délibérément choisi une école confessionnelle et préparé son attaque. Le caractère antisémite de ce massacre est incontestable.

Quatorze ans plus tard, Emmanuel Macron affirme pourtant que la France découvre pour la première fois un attentat planifié visant des enfants en raison de leur religion. Que faut-il comprendre ? Que Gabriel, Arié et Myriam ne comptent pas ? Que leur assassinat ne constitue pas un précédent suffisamment important pour être rappelé ?

Le président avait pourtant participé, en mars 2022, aux commémorations du dixième anniversaire des attentats de Toulouse et Montauban. Il connaissait donc parfaitement ces événements.

En mars 2025, un parent d’élève de l’école Ozar Hatorah avait raconté comment une minute de retard lui avait probablement sauvé la vie, ainsi que celle de sa fille. Son témoignage rappelait notamment combien l’oubli de cet attentat dans certains récits de l’histoire du terrorisme islamiste était douloureux pour les familles concernées.

C’est précisément ce sentiment d’effacement que les propos d’Emmanuel Macron risquent aujourd’hui de raviver.

L’Hyper Cacher : quatre juifs assassinés en 2015, un autre attentat effacé du discours présidentiel

Le 9 janvier 2015, Amedy Coulibaly a attaqué le magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes, à Paris. Quatre hommes ont été assassinés : Yohan Cohen, Philippe Braham, François-Michel Saada et Yoav Hattab.

Le terroriste avait choisi un commerce casher pour s’en prendre à des juifs. L’attaque était préparée et sa motivation antisémite ne faisait aucun doute.

Onze ans plus tard, Emmanuel Macron affirme qu’aucun attentat planifié n’avait encore visé des Français en raison de leur religion. Comment peut-il tenir un tel discours alors que les quatre victimes de l’Hyper Cacher ont précisément été assassinées dans un attentat antisémite ?

En janvier 2025, le dixième anniversaire de l’attentat de l’Hyper Cacher avait donné lieu à une cérémonie de commémoration, rappelant les difficultés des survivants et des familles à faire vivre la mémoire de cette tragédie.

Là encore, les faits sont incontestables. Et là encore, la déclaration présidentielle les ignore totalement.

Le Bataclan : 90 morts dans une opération terroriste minutieusement préparée

Le 13 novembre 2015, la France a été frappée par des attentats terroristes d’une violence exceptionnelle. Des commandos de l’État islamique ont attaqué simultanément les abords du Stade de France, plusieurs terrasses parisiennes et le Bataclan.

Dans cette salle de spectacle, 90 personnes ont été assassinées. Les terroristes avaient préparé leur opération et visaient des civils, dans le cadre d’une offensive djihadiste contre la société française.

Il existe une différence avec Toulouse et l’Hyper Cacher : les spectateurs du Bataclan n’ont pas été individuellement sélectionnés selon leur religion ou leur couleur de peau. Ils ont été visés en tant que civils fréquentant un lieu de concert, dans le cadre d’une attaque idéologique contre le mode de vie occidental.

Mais ce massacre rappelle que la France a déjà connu des opérations terroristes planifiées pour assassiner massivement ses citoyens. Il est impossible de parler sérieusement de l’histoire du terrorisme français sans rappeler cette tragédie.

Le père Jacques Hamel égorgé dans son église : les victimes chrétiennes également oubliées

Le 26 juillet 2016, deux terroristes islamistes ont assassiné le père Jacques Hamel, âgé de 86 ans, alors qu’il célébrait la messe dans l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen.

Le prêtre a été tué dans un lieu de culte catholique. Les deux assaillants se réclamaient de l’État islamique. La dimension antichrétienne de leur attaque était évidente.

Quatre ans plus tard, le 29 octobre 2020, un nouvel attentat islamiste a frappé la basilique Notre-Dame de l’Assomption, à Nice. Trois personnes ont été assassinées : Nadine Devillers, Simone Barreto Silva et Vincent Loquès, le sacristain.

Ces victimes ont été attaquées dans une église, par un terroriste animé d’une idéologie religieuse extrémiste. Le choix du lieu n’avait rien d’un hasard.

Emmanuel Macron était président de la République lorsque l’attentat de Nice a été commis. Il avait condamné ce crime et rendu hommage aux victimes. Comment peut-il aujourd’hui oublier que des chrétiens ont déjà été ciblés dans des attentats terroristes en France ?

Thomas à Crépol : un adolescent de 16 ans tué sur fond de racisme anti-Blancs, un autre drame oublié par Macron

Et comment ne pas rappeler le meurtre de Thomas Perotto, 16 ans, poignardé à mort dans la nuit du 18 au 19 novembre 2023, en marge d’un bal à Crépol, dans la Drôme ? En septembre 2026, les juges d’instruction ont officiellement retenu la circonstance aggravante de racisme dans leur ordonnance de mise en accusation. Pas moins de 19 témoins directs ont rapporté des propos discriminatoires, notamment « On est là pour tuer des Français », « On va vous crever les petits Blancs » ou encore « On va planter du Blanc ». Onze accusés ont été renvoyés devant la cour d’assises des mineurs pour meurtre aggravé, notamment par la discrimination raciale. Si cette qualification doit encore être examinée au procès et ne signifie pas juridiquement que le mobile exclusif du meurtre était racial, elle établit que la justice prend désormais en compte les manifestations de haine anti-Blancs entourant ce drame. Certes, le meurtre de Thomas n’a pas été qualifié d’attentat terroriste, mais il constitue un autre précédent particulièrement dérangeant pour le discours présidentiel. Comment Emmanuel Macron peut-il parler comme si la violence visant des Français en raison de leur couleur de peau était une découverte de 2026, alors que la justice elle-même a retenu une circonstance aggravante de racisme dans cette affaire ?

Une négation des faits historiques qui soulève une question particulièrement grave

Les mots ont un sens. Lorsqu’Emmanuel Macron affirme qu’un type d’attentat n’a jamais existé auparavant, alors que plusieurs crimes parfaitement documentés démontrent le contraire, il nie une réalité historique.

Cette négation factuelle ne doit pas être confondue avec le délit de négationnisme, dont la définition juridique est précise. L’article 24 bis de la loi du 29 juillet 1881 réprime notamment la contestation de certains crimes contre l’humanité et génocides. La déclaration présidentielle ne relève pas, en elle-même, de cette incrimination.

Mais sur le plan politique et moral, la gravité de cette contre-vérité demeure entière. Un président de la République a une responsabilité particulière dans la transmission de la mémoire nationale. Il ne peut pas faire disparaître de son récit les victimes d’attentats antisémites et antichrétiens pour présenter une nouvelle tragédie comme une première absolue.

La question est d’autant plus troublante que ces crimes ne sont ni anciens ni méconnus. Ils ont profondément marqué la société française et donné lieu à des procès, des commémorations et des hommages officiels.

Une indignation qui dépasse les clivages politiques

Les réactions à la déclaration présidentielle ont été immédiates. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a rappelé les crimes de Mohamed Merah, l’attentat de l’Hyper Cacher, l’assassinat du père Jacques Hamel et le massacre de la basilique de Nice.

À gauche, le député socialiste Jérôme Guedj a également dénoncé les propos du chef de l’État, les qualifiant de « factuellement faux donc politiquement problématiques ».

François-Xavier Bellamy, député européen des Républicains, a rappelé que l’histoire des attentats visant des Français pour leur identité ou leur religion remontait bien au-delà de 2026. Il a notamment évoqué l’attentat antisémite de la rue des Rosiers, à Paris, en 1982.

Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), a lui aussi réclamé une clarification, rappelant que les attaques motivées par la haine religieuse avaient déjà endeuillé le pays.

Cette indignation transpartisane montre l’ampleur du problème. Les propos présidentiels ne heurtent pas seulement une sensibilité politique. Ils contredisent des faits historiques qui appartiennent à la mémoire collective française.

L’Élysée tente de rattraper les propos de Macron, avant que le président se contredise lui-même

Face à la polémique, l’Élysée a tenté d’expliquer qu’Emmanuel Macron faisait référence au premier attentat terroriste raciste fondé sur la couleur de peau commis en France.

Mais cette justification ne correspond pas aux mots prononcés par le président. Celui-ci avait explicitement évoqué des victimes ciblées en raison de leur « couleur de peau ou de la religion qu’on leur donne ».

Le terme « ou » est essentiel. Emmanuel Macron avait clairement inclus la religion parmi les critères qui, selon lui, caractérisaient cette prétendue première historique.

Quelques heures plus tard, le chef de l’État a finalement publié un message sur X reconnaissant que des juifs et des chrétiens avaient déjà été victimes d’attentats en France en raison de leur religion.

Il a notamment affirmé : « Aucune de ces victimes ne doit être oubliée. Aucune douleur ne doit être hiérarchisée. »

Un correctif qui souligne toute la contradiction de son discours initial. Car c’est précisément en présentant l’attentat de Trappes comme une première qu’Emmanuel Macron a donné le sentiment d’effacer les victimes des attaques précédentes.

Le président a donc fini par rappeler une réalité qu’il avait lui-même ignorée quelques heures auparavant.

Un président qui prétend défendre la mémoire des victimes ne peut pas réécrire l’histoire du terrorisme

L’attaque de Trappes est un crime effroyable. Vendredi 23 octobre, un homme de 39 ans a ouvert le feu sur plusieurs personnes, tuant Pengo Bossio Wangi, un jeune espoir français du MMA âgé de 26 ans, et blessant cinq autres personnes, dont une fillette de 12 ans.

Le Parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour assassinat et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec une circonstance aggravante liée à l’origine ou à la religion réelle ou supposée des victimes.

La gravité de ce crime est incontestable. Mais pourquoi faudrait-il, pour condamner un attentat raciste commis en 2026, ignorer les crimes antisémites et antichrétiens commis auparavant ?

Les enfants juifs de Toulouse ont été assassinés parce qu’ils étaient juifs. Les quatre victimes de l’Hyper Cacher ont été tuées dans un attentat antisémite. Le père Jacques Hamel a été égorgé dans son église. Trois personnes ont été assassinées dans une basilique à Nice.

Ces faits sont établis. Leurs victimes ont des noms, des visages et des familles. Elles appartiennent à l’histoire de France et ne peuvent pas être effacées par une déclaration présidentielle destinée à souligner le caractère exceptionnel d’un nouveau drame.

En affirmant que la France connaissait pour la première fois un attentat planifié visant des personnes en raison de leur religion, Emmanuel Macron a prononcé une contre-vérité historique d’une gravité exceptionnelle.

Et son correctif publié quelques heures plus tard ne règle pas la question essentielle : comment le président de la République, qui a lui-même commémoré certaines de ces tragédies, a-t-il pu oublier les enfants assassinés par Mohamed Merah, les victimes de l’Hyper Cacher et les autres Français tués par des terroristes en raison de leur religion ?

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