Emmanuel Macron veut renforcer la protection du territoire face à l’intensification des menaces russes. À l’issue d’une réunion organisée ce vendredi matin à l’Élysée avec les principaux chefs de parti et candidats à l’élection présidentielle, le chef de l’État a annoncé avoir demandé au gouvernement de préparer « un plan de protection de nos infrastructures critiques », notamment contre les attaques de drones, les cyberattaques et les opérations d’ingérence.
« Ces dernières semaines, la menace hybride russe à l’égard des Européens et de la France s’est intensifiée », a alerté Emmanuel Macron. Selon le président de la République, « la nature de l’agressivité russe et des menaces en Europe change ». Il a notamment évoqué les récentes opérations attribuées à Moscou sur le continent européen. Dans ce contexte, il estime que « le soutien à l’Ukraine est plus que jamais indispensable » et annonce un « rehaussement » de la posture française de protection.
Une crise énergétique qui pourrait durer
La deuxième grande alerte formulée par Emmanuel Macron concerne les conséquences des conflits au Moyen-Orient sur l’énergie. Le président estime que la hausse actuelle des prix à la pompe est liée à la situation internationale et notamment aux difficultés de circulation dans le détroit d’Ormuz. « Cette situation va continuer de rythmer la vie du pays », a-t-il prévenu. Il souhaite saisir la Commission européenne afin d’accélérer les capacités de raffinage et de réduire les dépendances aux hydrocarbures, tandis que la France doit prochainement convoquer un G7 consacré à l’énergie.
Sur le plan intérieur, Emmanuel Macron demande également de « consolider les mesures d’accompagnement » destinées aux secteurs et aux Français les plus exposés à la hausse des prix, citant notamment les pêcheurs et les grands rouleurs. Les dispositifs existants doivent être évalués et pourront être adaptés. Plusieurs responsables politiques présents à l’Élysée ont réclamé des mesures plus importantes : Jordan Bardella demande une baisse des taxes sur les carburants, Manuel Bompard alerte sur un « état d’urgence sociale », tandis que Marine Tondelier juge les aides actuelles trop ciblées.
La tonalité de la réunion a été jugée préoccupante par plusieurs participants. Édouard Philippe a expliqué avoir été « frappé » par les informations communiquées et par la perspective d’un impact durable des conflits sur les Français. Bruno Retailleau affirme également avoir été averti que les conséquences énergétiques seraient « vraisemblablement durables », tandis que Raphaël Glucksmann estime qu’il faut « se préparer à une situation extrêmement difficile ». La réunion avait précisément pour objectif de donner aux responsables susceptibles de gouverner après 2027 accès aux mêmes informations stratégiques détenues par l’exécutif sur les crises internationales.

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