Sébastien Lecornu envisage de diminuer la rémunération des ministres et de certains membres de cabinets dans le cadre du budget 2027. La mesure serait avant tout symbolique : son rendement pour les finances publiques resterait très limité, mais Matignon veut montrer que le gouvernement participe lui aussi aux efforts demandés aux Français. « Le Premier ministre ne se sent pas de demander des efforts aux Français si le gouvernement n’y consent pas lui-même », explique son entourage.
La dernière baisse importante remonte à François Hollande. En 2012, l’une de ses premières décisions avait consisté à réduire de 30 % la rémunération du président de la République et des membres du gouvernement. Un ministre était alors passé de 14 200 à 9 940 euros brut par mois.
Des ministres français pas particulièrement surpayés en Europe
Une comparaison européenne relativise en effet l’idée de rémunérations particulièrement élevées en France. Un ministre français perçoit aujourd’hui un peu plus de 10 000 euros brut mensuels. En Allemagne, la rémunération ministérielle est nettement supérieure et peut dépasser 20 000 euros par mois avant certaines indemnités.
Au Royaume-Uni, un secrétaire d’État membre de la Chambre des communes dispose d’une rémunération ministérielle qui s’ajoute à son indemnité parlementaire, ce qui porte le total annuel à un niveau sensiblement supérieur à celui d’un ministre français. La comparaison doit toutefois être maniée avec prudence, les systèmes institutionnels étant différents.
L’Espagne se situe en revanche à un niveau inférieur, avec une rémunération ministérielle annuelle plus modeste. La France n’est donc pas le pays où les ministres sont les mieux payés en Europe, loin de là.
La baisse de 30 % décidée en 2012 a par ailleurs créé une situation singulière : certains membres de cabinets ministériels ou hauts fonctionnaires peuvent aujourd’hui percevoir une rémunération supérieure à celle du ministre dont ils dépendent.
Le chef du gouvernement assume cependant une logique d’exemplarité davantage qu’une véritable mesure d’économie. Une baisse des indemnités ministérielles ne rapporterait que quelques millions d’euros face aux dizaines de milliards nécessaires pour redresser les comptes publics. Une réduction d’environ 10 % des indemnités des députés et sénateurs est également évoquée, mais Matignon rappelle que cette décision appartient au Parlement. L’enjeu est donc surtout politique : convaincre que l’effort budgétaire commence par ceux qui le demandent aux Français.

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