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Haute-Garonne : une enseignante menacée de décapitation par un parent d’élève, le ministre dénonce des «faits d’une extrême gravité»

Haute-Garonne : une enseignante menacée de décapitation par un parent d’élève, le ministre dénonce des «faits d’une extrême gravité»
Haute-Garonne : une enseignante menacée de décapitation par un parent d’élève, le ministre dénonce des «faits d’une extrême gravité»

Une enseignante du groupe scolaire Clément-Ader, au Fauga, au sud de Toulouse, a été menacée de décapitation par un père d’élève après un incident impliquant son fils. Les faits se sont produits vendredi 4 septembre à la sortie des classes. Très choquée, l’institutrice a été placée en arrêt de travail pour un mois. Le parent d’élève a été placé en garde à vue avant d’être présenté ce jeudi 10 septembre au parquet de Toulouse.

Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a réagi à l’affaire, dénonçant des « faits d’une extrême gravité ». L’affaire intervient quelques jours seulement après la rentrée scolaire et pose une nouvelle fois la question de la sécurité des personnels de l’Éducation nationale face aux menaces et violences.

« Je vais vous couper la tête ! »

Les faits se sont déroulés vendredi 4 septembre, sur le parking du groupe scolaire Clément-Ader du Fauga, une commune de Haute-Garonne située à une trentaine de kilomètres au sud de Toulouse.

À la fin de la journée, alors que l’enseignante regagnait sa voiture, un père d’élève l’a abordée. Au cours de l’altercation, l’homme aurait proféré des insultes avant de lancer à l’institutrice : « Je vais vous couper la tête ! »

La menace aurait pour origine un incident survenu quelques heures auparavant dans l’établissement. Le fils de cet homme, scolarisé en élémentaire, avait été puni par une autre enseignante en raison de son comportement. L’enfant avait ensuite été envoyé dans la classe de l’institutrice qui sera menacée quelques heures plus tard.

Les enseignants exercent leur droit de retrait

L’affaire a immédiatement provoqué une vive inquiétude au sein du groupe scolaire, qui accueille environ 325 élèves. Le lundi 7 septembre, les enseignants de l’établissement ont exercé leur droit de retrait. L’inspectrice de l’Éducation nationale de la circonscription de Muret a également convoqué le père de famille. Lors de cet échange, celui-ci se serait excusé pour ses propos. Des excuses qui n’ont pas empêché la procédure judiciaire de suivre son cours. L’enseignante visée, particulièrement éprouvée par les faits, a été arrêtée pour une durée d’un mois. Elle travaille depuis longtemps dans cet établissement.

Le père placé en garde à vue puis présenté au parquet

Le père de famille a été entendu mardi 8 septembre à la brigade de gendarmerie de Muret. Il a ensuite été placé en garde à vue. À l’issue de celle-ci, il devait être présenté ce jeudi au parquet de Toulouse, chargé de décider des suites judiciaires données à l’affaire.

Cette nouvelle affaire rappelle une autre intrusion particulièrement inquiétante survenue dans un collège de Toulouse, en mai dernier. Une mère de famille et deux adolescents avaient alors été placés en garde à vue après être entrés armés dans un établissement scolaire.

Édouard Geffray dénonce des « faits d’une extrême gravité »

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a condamné les menaces dont a été victime l’institutrice. Il a qualifié les faits de « faits d’une extrême gravité ».

La qualification employée n’est pas anodine : dans les dispositifs de signalement de l’Éducation nationale, les menaces et menaces de mort contre les personnels figurent parmi les atteintes susceptibles d’être considérées comme des faits d’une extrême gravité.

Le ministre avait déjà appelé ces derniers mois à renforcer l’implication des familles face aux violences scolaires. Édouard Geffray avait également récemment dressé un constat très préoccupant sur l’état de l’école française, évoquant notamment les difficultés auxquelles l’institution est confrontée.

Des menaces contre les enseignants sous haute surveillance

Les menaces de mort visant des enseignants font l’objet d’une vigilance particulière depuis l’assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie décapité par un terroriste islamiste le 16 octobre 2020 après une campagne de haine déclenchée à partir d’accusations mensongères concernant l’un de ses cours. Le procès de l’assassinat de Samuel Paty avait notamment permis de revenir sur l’engrenage ayant précédé son meurtre. Au Fauga, aucun passage à l’acte physique n’a été rapporté. Mais la nature même de la menace a marqué l’enseignante et ses collègues. La justice doit désormais déterminer les suites pénales données aux propos attribués au père de famille.

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