Les rapports des inspections générales de la justice et de la gendarmerie sur l’affaire Lyhanna, qui doivent être rendus publics ce lundi 22 juin, pointent de graves « dysfonctionnements » et des « erreurs individuelles » dans le traitement d’une plainte pour viol sur mineure visant Jérôme Barella, principal suspect dans le meurtre de la fillette de 11 ans.
Déposée en août 2025 par la mère de Rosa, alors âgée de 11 ans, cette plainte n’avait donné lieu à aucune audition du suspect ni à son placement en garde à vue. Selon les premiers éléments révélés par plusieurs médias, le dossier aurait subi plusieurs retards, erreurs d’aiguillage et défauts de priorisation entre les juridictions de Toulouse et d’Auch.
Une chaîne décisionnelle défaillante
Les inspections écartent, à ce stade, la thèse d’un manque de moyens et privilégient celle de défaillances humaines à plusieurs niveaux de la chaîne judiciaire et policière. Le rapport souligne notamment qu’aucun acte d’enquête substantiel n’a été engagé avant la disparition de Lyhanna, malgré la gravité des faits signalés.
Jérôme Barella, déjà visé par une précédente plainte classée sans suite en 2022 et par plusieurs autres signalements, n’a finalement été mis en cause qu’après l’enlèvement et la mort de Lyhanna. L’autopsie a conclu au viol de l’enfant et des traces ADN du suspect ont été retrouvées sur son corps.
Face à l’émotion suscitée par cette affaire, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a promis des sanctions administratives. Des enquêtes individuelles pourraient être ouvertes dès cette semaine, tandis qu’un réexamen national des dossiers de violences sur mineurs en cours a été ordonné dans l’ensemble des juridictions françaises.
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