L’artiste israélien, accusé d’avoir tenu des propos haineux après l’attaque du Hamas, se produit ce lundi 19 et mardi 20 mai au Dôme de Paris. La préfecture a renforcé la sécurité autour de l’événement.
L’arrivée d’Eyal Golan à Paris, où il doit donner deux concerts les 19 et 20 mai au Dôme dans le 15e arrondissement, ne passe pas inaperçue. L’artiste israélien de 54 ans, très populaire dans son pays mais également très controversé, cristallise une forte opposition de la part d’associations pro-palestiniennes et d’élus de La France insoumise, qui dénoncent ses prises de position sur Gaza et demandent l’annulation des représentations.
Une figure très controversée
Déjà connu pour des démêlés judiciaires en Israël – notamment une affaire de mœurs impliquant son entourage familial – Eyal Golan a vu sa réputation internationale basculer à l’automne 2023, lorsqu’il a publiquement appelé à une réponse militaire radicale après l’attaque du Hamas. Sur Instagram, il déclarait que Gaza était « une seule grande cible » et devait « brûler ». À la télévision, il allait plus loin en évoquant « l’extermination du peuple palestinien ».
Ces propos, relayés par plusieurs médias israéliens et internationaux, avaient provoqué un tollé, y compris en Israël, où le procureur général avait demandé l’ouverture d’une enquête pour incitation à la violence. Malgré cela, Eyal Golan a continué à bénéficier du soutien de figures politiques du gouvernement Netanyahou, notamment au sein de la droite nationaliste.
Tensions en France et encadrement renforcé
En France, les appels à interdire ses concerts se sont multipliés ces dernières semaines. La députée Danièle Obono (LFI) et plusieurs collectifs pro-palestiniens, dont CAPJPO-EuroPalestine, ont interpellé la préfecture de police et le ministère de la Culture, qualifiant l’artiste de « chanteur génocidaire » et accusant ses propos de relever d’une « apologie de crime contre l’humanité ».
La préfecture de police a tranché vendredi : les concerts auront bien lieu, les conditions d’une interdiction n’étant pas réunies pour un événement organisé dans une salle fermée. En revanche, face au risque de troubles à l’ordre public, deux arrêtés ont été pris. Le premier interdit tout rassemblement non déclaré autour du Dôme de Paris entre 16h et 2h, ce lundi et mardi. Le second autorise les forces de l’ordre à filmer et surveiller les environs pour prévenir tout débordement.
Manifestation prévue à proximité
Une manifestation est tout de même annoncée par La France insoumise ce lundi soir à quelques centaines de mètres de la salle. Le slogan est sans équivoque : « Pas de scène